
Immense lisière d’un monde invisible, les talus du bocage sont une permanente invitation à la découverte du cœur d’un infini labyrinthe. C’est plus la présence des bocages que celle de la forêt qui a fait nommer Argoat la Bretagne intérieure. Le pluriel ici s’impose tant varient la trame, la structure, l’histoire, les usages des 183 000 km de linéaire bocager recensés en 2008.
Le bocage n’exclut rien et compose avec tout : la forêt et le pré, la rivière et le chemin, le champ et la mare. Fil conducteur de l’alliance, le talus. C’est lui qui fait circuler en douceur les eaux et les belettes, les carabes, le soleil et les vents. Pourtant, bien souvent, ceux qui édifiaient des talus n’avaient d’autres soucis que protéger leurs cultures des divagations du bétail, marquer leur propriété et produire du bois. Tout le reste venait par surcroît, qu’on s’en aperçoive ou non. C’est paradoxalement la disparition des talus qui a le plus fait pour souligner leur utilité dans la régulation et l’épuration des eaux, le maintien de la petite faune, la maîtrise des parasites des cultures, la protection des sols.
L’apogée du bocage breton est relativement récente puisque la phase la plus active de construction concerne la fin du XIXe siècle et le début du XXe. La progression pouvait se faire au rythme de cinq mille kilomètres par an. En 1950, la région devait compter 1,2 million km de talus et haies.
Les talus hauts, associant terre, pierres et parements de mottes sont surtout fréquents dans le Léon et le Trégor ; mais en dehors du littoral, c’est le haut talus boisé, avec ou sans taillis, qui est la règle en basse Bretagne. Dans le sud de la région, les talus, nus ou plantés de taillis, sont plus bas et parfois mêmes remplacés par une simple haie. Dans l’est, les talus sont bas et plantés d’arbres souvent émondés formant des rideaux caractéristiques. Il reste encore un maillage serré (parcelles de moins de 4 ha en moyenne) pour 40 % du territoire régional, plus du tiers ayant aujourd’hui des mailles dépassant 10 ha en moyenne. C’est dans les communes peu ou pas remembrées du Trégor et de la Haute Cornouaille que l’on trouve aujourd’hui les espaces bocagers les plus remarquables.
Mais le linéaire des haies et talus n’a de sens que rapporté au nombre de connexions qu’ils représentent. Les talus et les haies ne seraient sans cela pas plus fonctionnels que des autoroutes sans échangeurs. C’est d’ailleurs ce dernier terme qui exprime le mieux leur fonction car ils assurent en permanence des liaisons selon l’heure, le temps, la saison entre l’ensemble des milieux connectés : forêts, champs, jardins, prés, friches, landes. Les ornithologues ont bien noté qu’il y avait 1,7 fois plus d’oiseaux nicheurs aux intersections qu’au long des talus.
La faune préfère une stratification végétale bien fournie à tous les niveaux, le même talus pouvant répondre à une grande diversité de besoins en lumière, humidité, abri, nourriture, etc. Ainsi, seuls les talus offrent sur un espace réduit, les gîtes d’hiver, le couvert végétal, les ressources alimentaires, les zones d’exposition au soleil et d’incubation des œufs dont a besoin la majorité de nos reptiles.
Komz a rin ag an niwharzhoù dreist-oll. Perag ? A-gaoz ma n’eus ket mui anezhe, maleuruzamant ! Mez ouzhpenn-se, pa bellemp a-zoc’h ar gêriadenn e kavemp parkoù, ha pelloc’h pradoù, ha pelloc’h c’hoazh lannegi ha fraostoù, da lâred eo douaroù na vezent ket labouret. Hag etre ar gêriadenn hag an tachadoù-se e c’helled kaoud ur c’hilometr. Ha penaoz e yae ar moned-doned etre ar lec’hioù-se hag ar gêriadenn ? Marse kirri karget, karrikelladoù, tud war-droad ; marse ive chatal kaset da beuriñ kent distroiñ d’ar c’hraou, kalavern.
Rag red e veze degas d’ar gêriadenn ar pezh a veze eostet er parkoù ha degas ar foenn serret er pradoù. Setu perag e veze rekiz kaoud hentoù braz a-walc’h evid da rac’h peizanted ar gêriadenn gelliñ tremen enne. Savet e oa bet an niwharzhoù-se (diw c’harzh, an niw c’harzh !) evid leuskel an dud da dostaad douzh o farselloù pe moned pelloc’h, beteg ar lannoù.
War a daolenn-mañ e weler penn pennañ an niwharzh. En niwharzh-se e veze klozet ar lec’h war daou du, rag da rac’h an dud e oa ha rac’h an dud a dremene enni. N’helle ket ar saout moned a-gleiz pe a-zehoù. Ma c’harr, marse, a oa da gas en ur park pe en un arall. Neuze e oa bet lakaet ur c’harzh a beb tu. Marse e vehe bet posubl lakaad traoù simploc’h, mez ne veze ket kollet netra ged ar gerzhier, rag plantet e veze gwez warne. Derw kentoc’h a veze plantet warne. Perag derw ? Rag ma veze penndoget ar gwez-derw beb ugent vloaz. Ar pezh a sinifi e veze kontrollet o uhelder e-keñver ar waskedenn a daolent war ar parselloù a-douch.
Setu perag an daolenn-mañ, ma weler warni an niwharzh pennañ. Boud eh eus unan hag a gase d’ar c’hreizteiz, mez posubl e veze kaoud unan hag a gase d’ar lein pe d’ar reter. D’ar liesañ e veze gwelet teir pe peder niwharzh éc’h añdennañ a-zoc’h ar gêriadenn. Dreze oll e c’helle tud ha loened moned ha doned hag ar produioù boud serret.
Ya, koadet e veze ar gerzhier. Daoust ma ne vezent ket labouret, kontet ’m eus e veze gouestlet dezhe beteg pewar hektar en ur gêriadenn pewar pe pemp tachenn enni. Un tiriad gwirion eo enta, na oa ket bet gwelet evel-se c’hoazh. Tremenet e veze en niwharzhoù, mez ne vezent ket gounidet. Un dra dispar : didrouz e vezent. Trouzal a rae ar saout pe ar c’harr pa basent en niwharzh, mez ne veze ket den ebed é chom enni, e-kontrel douzh ar pezh hon eus gwelet beteg bremañ. Ha plantaj ha loened difer a veve en tachadoù-se.