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Les artisans

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60 x 50
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Le Forgeron
Le Forgeron

Notre forgeron de campagne était plus proche du cheval qu'il servait que du métal qu'il travaillait.

Il connaissait ainsi par leur petit nom plus d'une centaine de chevaux. Leurs sabots qu'il voyait régulièrement n'avaient pour lui aucun secret.

Il intervenait également sur tout ce qui pouvait être tiré par un cheval : charrettes, charrues, herses… etc.

Sa forge était généralement collée à un bistrot. A ce propos mon père ajoutait qu'un forgeron qui travaille au feu et dans la poussière de charbon se devait d'être proche d'un comptoir!

Dans le hameau de Kergonan, le café en question servait la soupe à midi aux enfants de l'école. De midi à 14 heures notre contact avec l'activité de cette forge valait bien une leçon de choses!

En breton, forgeron se dit gov et la taupe goz.

Certains affirment qu'il s'agit du même mot :

- Comme la taupe, le forgeron est noirci au contact du charbon.

- Comme la taupe il n'a pas besoin de lumière pour faire son métier : le fer incandescent doit être battu dans l'obscurité.

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Dans le fournil
Huile sur toile
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60 x 50
CM
Dans le fournil
Dans le fournil
Dans le fournil

Si dans la forge tout est couleur de rouille, dans le fournil, tout est couleur de farine du sol au plafond.S'il est naturel d'entrer et d'approcher le forg€ron, pas question d'accéder au chantier du boulanger.Depuis le magasin, par la porte entre ouverte, heureusement il nous arrivait de comprendre ce qui se passait dans le fournil. Exceptionnellement il nous arrivait d'apporter notre propre farine et dans ce cas nous étions invités à nous approcher du pétrin.La chaleur douce du four, le champ du grillon… l'odeur du pain encore chaud, ont laissé dans notre mémoire un souvenir agréable.Près du four le coin à fagots de chêne demandait beaucoup de place. L'échelle dite "de meunier" conduisait au grenier ou la farine était logée par sac de 100 kilos.

Le pardon de Saint-Eloi
Huile sur toile
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50 x 60
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Le pardon de Saint-Eloi
Le pardon de Saint-Eloi
Le pardon de Saint-Eloi

Nous sommes dans la deuxième quinzaine d'août.La moisson est terminée, et les labours de l'automne sont pour plus tard.Une pause bien méritée en somme, pour ces chevaux et leurs maîtres.Avant tout il s'agissait d'une fête religieuse. L'occasion de bénir, et par conséquent, de protéger le cheval auquel on doit tout.Le cheval est accompagné de tous ses supporters.Qu'ils soient venus à pied ou en char à bancs.Comme lui, ils participeront à la procession et à la messe.Il est particulièrement soigné, habillé, paré. La queue et la crinière tressées et ornées de fleurs.Il donnait l'impression d'en être fier lui-même.Il devait tenir son rang, car il était connu de tous dans un rayon de quelques kilomètres.Pour les chevaux les plus doux, il était courant que ce jour là, exceptionnellement, ils soient montés par des adolescents.Cette chapelle dite de Saint-Roch se trouve entre Pont-Augan et Quistinic, non loin du Blavet.Depuis bien longtemps, les chevaux ne viennent plus à elle.

La bouilleur de cru
Huile sur toile
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50 x 60
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La bouilleur de cru
La bouilleur de cru
La bouilleur de cru

Une fois l'an, les cultivateurs venaient à Kergonan faire le « Lagoutte ».

Maria Collo était installée en fixe près du lavoir sur le terrain de la communauté.Le lavoir était ainsi un centre particulièrement actif: Laveuses, « alambic », le charron parfois. Les gens du village ne manquaient pas d'alibis pour venir aux nouvelles car c'est bien là que se faisait l'information!

Le cultivateur venait pour la journée portant son bois, le plus sec possible s'il ne voulait pas subir la mauvaise humeur de celle qui entretenait le feu. il apportait également son échelle « à cidre » pour descendre et faire égoutter les tonneaux.

Le cerclage des roues
Huile sur toile
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60 x 50
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Le cerclage des roues
Le cerclage des roues
Le cerclage des roues

Le hameau de Kergonan avait son charron et son forgeron, lesquels collaboraient naturellement à chaque fois qu'il s'agissait de marier le bois et le fer.

Cela se passait près de l'eau, sur le terrain de la communauté, tout à côté du lavoir, c'est à dire non loin du bouilleur de cru. Le charron apporte les deux roues en orme, le forgeron les bandages et les longues pinces. Un feu circulaire portera le feu au rouge et c'est là que la phase délicate va commencer. Un tel évènement est connu d'avance, aussi il ne faut pas s 'étonner si ce jour-là, les places autour du lavoir seront bien occupées.

Les cordiers de baud
Huile sur toile
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Les cordiers de baud
Les cordiers de baud
Les cordiers de baud

Ce métier a pratiquement disparu avec la corde synthétique. Les cordiers de Baud fournissaient le canton en petites cordes à bétail, guides pour chevaux et grosses cordes à gerber.

Le surplus pouvait aller vers la mer pour les cordages de pêche.

Bien sûr, il s'agissait de cordes en chanvre. Le poste de travail comportait une grande roue qui par une courroie actionnait une pièce en bois qui tressait le chanvre libéré du bout des doigts par l'un des hommes. Par une autre pièce de bois, plusieurs fils étaient torsadés ensemble pour donner la corde brute. Cette corde serait ensuite frottée avec un cuir que les hommes tenaient dans les mains. On a dit qu'au Moyen-Age, ce travail revenait aux lépreux qui se retiraient dans les vallées pour y travailler.

D'autres raisons pouvaient les pousser à choisir les vallées:

- la proximité de l'eau

- la nécessité d'avoir un long couloir

- enfin le besoin de s'installer dans un lieu tiède à l'abri des vents.

La vérité doit combiner toutes ces raisons à la fois.

Les cordiers de Baud occupaient un quartier appelé La Madeleine, ce qui voudrait dire qu'effectivement des lépreux auraient installé là cette activité.

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La scierie locale
Huile sur toile
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60 x 50
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La scierie locale
La scierie locale
La scierie locale

Dans la nuit, la scierie a été surprise par le gel et une fine couche de neige.C'est le repos forcé.Elle débitait du bois local apporté par les agriculteurs pour leurs besoins propres ou par le charretier chargé de regrouper les grands arbres achetés sur pieds par le propriétaire de la scierie.Châtaigniers et chênes donnaient principalement des pièces de charpente et planches à meuble, le sapin local produisait chevrons et voliges.La scie était actionnée par une loco alimentée par la sciure et les chutes de bois.Le conducteur de la scie avait la lourde responsabilité de la qualité du travail, du rendement et bien sur de la sécurité tout autour du ruban.Il étai reconnaissable bien souvent aux doigts qui lui manquaient.La commune de Languidic avait deux scieriesCelle du bourg au "bot kelen"Celle de Lan Vrehan en lisière de la forêt de Camors.

Les charbonniers
Huile sur toile
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60 x 50
CM
Les charbonniers
Les charbonniers
Les charbonniers

Un métier à la fois dur et exigeant. Il faut impérativement vivre sur place, de nuit comme de jour tous les jours de la semaine. En cas d’échec, que la meule s’enflamme et c’est le salaire qui partira en fumée ! La conduite de la cuisson exige une grande expérience. Il faut d’abord choisir le bon endroit, non loin de l’eau, à l’abri des vents et que l’approche des rondins profite d’une pente douce. La construction de la meule commence par la cheminée centrale qui laissera échapper la fumée. Elle sera recouverte de mottes de terre devant assurer une bonne étanchéité. L’allumage avec de la braise se fera par le sommet de la cheminée. La cuisson à l’étouffée sera régulée en agissant sur les trous percés à cet effet dans la paroi. La fumée tant par son odeur que par sa couleur indiquera le bon déroulement de la cuisson. Elle durera 4 à 5 journées.

Sabotiers en foret
Huile sur toile
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60 x 50
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Sabotiers en foret
Sabotiers en foret
Sabotiers en foret

Généralement le sabotier était installé dans un hameau. Son atelier était sommaire, une hutte recouverte de genet.L'activité comportait trois postes de travail.- L taille avec une hache à lame large avec un manche courbe et arrondi à son extrémité pour prendre appui sur l'aine.Ce poste disposait d'un billot placé à l'extérieur.- Une fois dégrossi le sabot était finement taillé avec une longue lame fixé et articulée sur un établi ou cheval de bois.- Enfin le sabot était creusé avec un jeu de tarrieres. Un système de pièces de bois permettait la fixation du sabot sur un second cheval de bois dont les pieds étaient enfoncés dans le sol.Ces deux postes souvent adossés à la hutte recevaient toute la lumière naturelle nécessaire tout en était à l'abri de la pluie.Parfois plusieurs sabotiers se regroupaient pour travailler des troncs en pleine forêt évitant ainsi le transport de billes jusqu'au village.Un fumoir, jour et nuit accélérait le séchage du sabot terminé.

Le moulin à eau de Morsaï
Huile sur toile
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60 x 50
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Le moulin à eau de Morsaï
Le moulin à eau de Morsaï
Le moulin à eau de Morsaï

A l'approche du Blavet, de nombreux ruisseaux roulent assez l'eau pour actionner les roues à Aubes.Côté rive gauche à hauteur de Pont-Augan, le ruisseau de Lambézégan faisait tourner trois roues dont l'une dédiée à l'activité du blé noir. J'y ai bien souvent accompagné mon père. Sur place, il fallait s'occuper le temps que le moulin fasse tranquillement son travail. Parfois, il m'arrivait d'aller saluer ma grand-mère dans le village tout proche de Kerdoret.Mon grand-père serait tombé accidentellement dans le bief. Il avait été repêché après quelques difficultés. Les mauvaises langues ajoutent que l'obscurité n'était pas la cause principale de sa chute... Le cidre chaud servi généreusement par le meunier David y aurait été pour beaucoup.

La grande échelle
Huile sur toile
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60 x 50
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La grande échelle
La grande échelle
La grande échelle

Septembre est là.Les greniers sont chargés de foin et de grains.Avant de subir les vents et pluies de l'hiver il faut réparer les toits de chaume.

- Le couvreur a donné ses directives depuis l'hiver dernier, aussi la paille de seigle a été mise de côté.

- Deux grandes échelles sont mobilisées pour ce couple de couvreurs.Une opération délicate que de dresser une grande échelle.

Trois à quatre adultes s'imposaient.Le plus lourd bloquant la base, pilotant la manœuvre alors que les autres levaient progressivement l'échelle.

Une fois dressée, on la fera pivoter pour mieux la poser sur le toit.La grande échelle, d'une quinzaine de mètres, tirée d'un sapin de croix scié en deux était logée sous le débordement du toit en chaume, à l'arrière de la longère.

Les sabotiers de Camors
Huile sur toile
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60 x 50
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Les sabotiers de Camors
Les sabotiers de Camors
Les sabotiers de Camors

Deux groupes de sabotiers, venus de Camors, s'étaient installés sur notre exploitation, le temps de débiter un marché de hêtres.

Cela a dû se passer dans les années 1945/1946. Les huttes avaient été montées sur place par les sabotiers eux-mêmes. La mousse qui constituait le toit et les parois avait été cueillie en forêt de Camors. Cet atelier de plein air comportait deux huttes et cinq hommes. Une belle organisation qui répartissait bien les tâches. Le plus jeune en apprentissage était chargé des courses et des repas. Le plus ancien dégrossissait le sabot à la hache pour finir la taille avec cette longue lame fixée à une pièce de bois servant d'établi. Creuser le sabot revenait à une personne expérimentée et qualifiée. Durant les vacances, nous pouvions rester regarder les sabotiers au travail. Et puis, nous pouvions aussi saisir des conversations et des histoires dans un « breton » un peu différent de celui de Languidic.

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Les traversées de la Lande (« Le vétérinaire »)
Huile sur bOIS
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Les traversées de la Lande (« Le vétérinaire »)
Les traversées de la Lande (« Le vétérinaire »)
Les traversées de la Lande (« Le vétérinaire »)

Le printemps s’est posé sur cette lande commune à trois villages. Le coupeur est arrivé très tôt pour mieux profiter de la rosée du matin. C’est l’heure de sa pause « casse-croûte ». De passage, le pseudo vétérinaire s’arrête le temps d’un échange, et d’annoncer sa destination. Pas tout à fait indigent, ce personnage est reconnu pour son savoir faire « autour » des chevaux. Aujourd’hui c’est un jeune poulain qui l’attend, il doit lui couper la queue, afin qu’elle cesse de s’allonger. Pour cela il dispose d’un couteau, des ciseaux et d’un fer qui une fois rougi dans la braise lui permettra de cautériser la plaie avant la pause d’un pansement. Au passage il s’intéressera à la jument s’assurant qu’elle se porte bien.

le Bugul et son chien
Huile sur bOIS
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le Bugul et son chien
le Bugul et son chien
le Bugul et son chien

A partir de 12 ans, diplômé ou non de son certificat d'études, il fallait gagner sa vie. Pour les familles nombreuses installées sur peu d'hectares, bien des garçons et filles étaient ainsi « placés ». Coupé brutalement de sa famille l'enfant devait produire un réel travail contre un lit et une nourriture pas toujours à la hauteur de ce qu'il avait connu chez lui. Ces petits domestiques étaient appelés « Bugul » ou encore « Bugul saout » (garçon à vaches). Plus jeune que les Cow-boys de nos films, il n'avait ni pistolet ni cheval. Heureusement son chien, un fidèle compagnon lui tenait compagnie. Loin des villages dans les friches, tous les deux se réconfortaient.

Le réparateur de parapluies
Huile sur bOIS
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Le réparateur de parapluies
Le réparateur de parapluies
Le réparateur de parapluies

Il ne figure dans aucun bottin!

C'était un de ces petits métiers qui revenaient à ceux qui n'avaient pas un foyer fixe. Son utilité justifiait largement le repas et le sommeil au grenier. Il avait peu d'outils, une pince, du fil, des aiguilles, un couteau et beaucoup de vieux parapluies sur lesquels il pouvait prélever les éléments nécessaires. Il avait en mémoire tous les parapluies de la circonscription qu'il sillonnait: Quelques centaines! Avec son activité de réparateur, bien entendu, il portait les nouvelles de village en village.

Le dindon et le facteur
Huile sur bOIS
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60 x 50
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Le dindon et le facteur
Le dindon et le facteur
Le dindon et le facteur

Les dindons ont toujours eu une place bien à part dans le cheptel à plumes :

- poules et coqs constituaient la basse-cour de toujours.

- les canards appréciés pour leur chair l'étaient beaucoup moins pour leur goût trop prononcé pour la boue et flaques d'eau !

- les dindons précieux pour leur viande abondante avaient l'avantage de garder les maisons, "aboyant" souvent plus que le chien dès qu'un intrus apparaissait. C'est la cas de notre facteur!

Dans le fond, ce volatile était resté sauvage ! Dès que la femelle devait faire son nid, nous devions la suivre parfois très loin...

Les petits bien souvent ne survivaient pas à la crise du "rouge". Pour ne pas les perdre, j'ai le souvenir d'une recette miracle comprenant de l'ortie hachée fin mélangée à du son, un peu de lait, du cidre vieux et du jaune d'œuf !

La traversé de la lande (le taupier)
Huile sur bOIS
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50 x 60
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La traversé de la lande (le taupier)
La traversé de la lande (le taupier)
La traversé de la lande (le taupier)

L’automne s’achève. Les taupes s’activent pour finir de mettre à l’abri de quoi passer l’hiver proche. C’est le moment de poser les pièges, à la périphérie des prairies, le long des talus et haies. Au printemps prochain un second passage finira le travail. De village en village, notre taupier passe forcément par le sentier le plus court, celui qui traverse la lande commune. C’est aussi la haute saison pour le coupeur d’ajonc, profitant de l’humidité de l’automne. La rencontre de nos deux personnages sera l’occasion d’une pause (ils appartiennent à une même école, celle des indigents actifs !) Il sera question des actualités de la commune et des villages proches. Avant de se quitter ensemble ils regarderont le ciel pour mieux évoquer le temps qu’il fera les jours prochains.

La « tenue » de l'ouvrier agricole
Huile sur bOIS
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La « tenue » de l'ouvrier agricole
La « tenue » de l'ouvrier agricole
La « tenue » de l'ouvrier agricole

Il s'agit d'une fermette -celle qui plus tard sera bien souvent affichée dans les agences immobilières.Deux vaches, deux porcs à l'engrais, une basse-cour,un potager mais pas question de nourrir un cheval.Pour ses travaux importants, l'ouvrier agricole, en question, trouvera chez son employeur tout le nécessaire. La brouette tiendra une place importante dans la mesure où les quelques journaux (2/3) de terre labourée seront très proches de la maison. C'est l'épouse (à domicile) qui pour l'essentiel fera tourner cette petite exploitation un peu à l'image des femmes de marins qui autrefois pratiquaient ainsi alors que le mari était en mer.Une petite famille arrivait à se nourrir des activités d'une telle fermette. Les artisans, sabotiers, charrons, forg€rons, bourreliers et autres prenaient également appui sur une micro-exploitation - une manière d'être solidaires de leurs clients paysans à plein temps!

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