

Dans les parcelles cultivées, la « moisson blanche » terminée, un second printemps s’installe avec la camomille, pensée sauvage et ravenelle. La betterave, le navet et le choux fourrager poursuivent leur chemin jusqu’aux premières gelées de l’hiver. L’heure du blé noir a sonné ; c’est la « moisson noire ». Chassé vers les terres pauvres des landes, pour laisser la place aux plantes fourragères, le blé noir tient compagnie à la bruyère. Sa récolte sera délicate. Elle demande quelques belles journées ensoleillées, le temps de le couper avec douceur, de le mettre en gerbes présentant les épis au soleil. Il sera enlevé par les charrettes qui le conduiront dans l’aire à battre où batteuses, fléaux et tarares l’attendent.


La moisson du blé noir est une opération délicate.Fin septembre ou début octobre il est impératif de disposer de trois à quatre belles journées ensoleillées.La moissonneuse batteuse n'existant pas, la coupe se pratiquait à la faucille, chaque faucheur tenant délicatement la paille coupée afin que le grain ne tombe pas au sol.La gerbe était façonnée immédiatement et placée verticalement, la tête au soleil un peu comme des « bonhommes », les deux jambes écartées.Cette image rare d'une parcelle ainsi fauchée et peuplée de gerbes a malheureusement disparue.Dès que le grain sera sec, les gerbes seront transportées pour être battues immédiatement dans l'aire à battre.Le fléau fut longtemps utilisé puis remplacé par la petite batteuse entraînée par un manège à chevaux.Au premier plan de la toile, les pommes de terre sont sur le point d'être arrachées tandis que les pommes paraissent mures.


Début octobre, l'été et l'automne semblent s'être entendus pour offrir quelques belles journées le temps de faire la « moisson noire » (*)Le blé noir attendait ce précieux moment.Dans une même journée, il sera conduit du champ à la batteuse, évitant ainsi la meule qui le ferait chauffer.Les hommes se chargent des charrois et de la conduite de la batteuse.Les femmes font tourner les tarares.Les enfants pieds nus remuent le grain afin de l'aérer le plus possible.La petite remise attachée à l'aire à battre servira d'abri si nécessaire en attendant de porter le grain dans les greniers.Novembre est proche.Avant le gel il faudra sans attendre labourer les chaumes et ainsi semer la prochaine récolte.(*) La « moisson noire » s'oppose à la « moisson blanche » qui concerne seigle, avoine, blé et orge.


Octobre est proche, le printemps de la Saint Michel a fait son travail. Alors que la « moisson » blanche faîte en juillet, dans les parcelles récoltées, seigle, avoine et blé ont laissé la place aux pensées sauvages, camomilles, ravenelles et autres graminées. L’heure de la moisson « noire » a sonné. Le village tout entier est mobilisé. En effet en quelques journées ensoleillées, il faut faucher le sarrasin, lever les gerbes et que le grain prenne les derniers rayons de soleil. Approcher la récolte de l’aire à battre où batteuses, fléaux, tarares attendent de finir le travail. Avec octobre, l’automne va s’installer avec sa fraîcheur et ses brumes matinales. La moisson est terminée, le grain à l’abri, place à la récolte des pommes à cidre et que les labours de novembre retournent les chaumes.


Cela se passait à la fin du mois de Septembre.
Dès que le sarrasin était coupé à la faucille, il fallait le remettre debout en gerbes. Les dernières journées ensoleillées finiront de faire mûrir le grain. Le blé noir demandait une terre légère mais bien finement préparée. De plus, elle devait être « neuve », c'est à dire succéder à une friche. La culture du navet lui succédait. Les coteaux de Quistinic s'y prêtaient bien. Dans les terres plus riches, on risquait de faire de la paille mais pas de grain.


Un chantier programmé généralement pour fin septembre.Un travail devant être exécuté forcément par beau temps, avec un sol le plus sec possible.Une fois les mauvaises herbes retirées, le passage de la charrue libérait les pommes de terre.Suivant les effectifs disponibles le sillon était reparti entre les adultes alors que les enfants leur apportaient un complément en retirant les pommes de terre apparentes.Les pommes de terre dîtes "menues" étaient placées dans un panier puis mises en tas, destinées généralement aux porcs.Pendant ce temps le cheval restait attelé à la charrue, se reposant à l'ombre.En fin de journée les pommes de terre récoltées étaient transportées au village et mises à l'abri.Un tel chantier durait la semaine.Le coup de main des enfants était précieux aussi mon père s'organisait pour exécuter cette "corvée" avant la rentrée des classes fixée au 1er octobre.


L'arrachage de la pomme de terre avait lieu autour de la mi-septembre.
Le beau temps était nécessaire afin que la terre se détache bien.Plus il y avait de poussière et mieux c'était disait mon père !
En fin de journée la récolte du jour était si possible logée dans une remise ou dans le grenier.
Les enfants les pieds nus poussaient les tubercules vers le panier placé sous l'échappement du tombereau.
Les adultes portaient sur l'épaule les paniers chargés.
Les pommes de terre dites "menues" étaient destinées au repas des porcs.
Ce chantier, arrachage l'après-midi, et mise à l'abri le soir durait une bonne semaine.Juste avant la rentrée scolaire du premier octobre.


Fin septembre est proche, finies les longues journées de juillet-août, mais le ciel est agréable et c'est le moment de sortir les pommes de terres. Il s'agit de la dernière « corvée » où les enfants seront sollicités avant la rentrée du premier Octobre.Ceux de 10-12 ans étaient placés en tandem avec un adulte. Les pieds nus, ils cueillaient les pommes de terre apparentes sur le sillon fraîchement ouvert. Les plus grosses restaient sur le sol le temps de sécher au soleil et les petites destinées aux porcs, placés dans un panier.Pendant ce temps, l'adulte aidé d'une houe prenait en charge celles encore couvertes de terre. Le cheval devait donc chômer le temps de dégager les pommes de terre. Il s'ennuyait, aussi l'un des enfants le prenait en charge: avec une branche de chêne, il chassait les mouches toujours agressives et avec un bâton pointu, faisant office de longue fourchette, il offrait au cheval les pommes que celui-ci appréciait. Tard dans la journée bien souvent, il fallait vider le tombereau et placer les pommes de terre à l'abri, dans une remise. La poussière de terre desséchée était importante aussi nous redoutions cette corvée.Et puis, il était fortement question de rentrée scolaire- alors adieu les belles journée dans les prés et les champs.


Profitant de belles journées ensoleillées, septembre se laisse glisser lentement vers la Saint-Michel. Les feuillages jaunissent avant que le brun de l’automne ne vienne mettre fin à ce qui rappelle la lumière de l’été. Dans la lande, la bruyère garde encore ici ou là quelques tâches rosées. Les chaumes libérés de leur paille, fleurissent à nouveau. Sur les pommiers, autour des parcelles, les fruits semblent sortir du feuillage pour mieux retenir le soleil. Sur les talus, les chênes ne connaissent pas la couleur jaune. Leur feuillage terni par le soleil de l’été va brunir lentement. Il faudra attendre décembre pour que ces chênes acceptent de se dégarnir. Le blé noir est sur le point d’être récolté. Tandis que ses épis sont gris, les tiges deviennent roses, jaunes, verts clairs, et violacés, un peu comme les couleurs de l’arc en ciel. Quel dommage qu’il soit désormais absent de nos paysages. Le moment est venu de récolter la pomme de terre, le soleil accompagnera précieusement son arrachage.


La commune de Languidic était avantageusement plantée en pommiers à cidre.
Tous les deux ou trois ans, il y avait une importante production qui nécessitait un écoulement vers les cidreries industrielles. Cela se faisait à partir de la gare dite de Baud.
Un démarcheur passait dans les fermes, fixer la date et les conditions. Le jour fixé, toutes les charrettes convergeaient vers la gare, celles qui venaient de loin, étaient tirées par deux chevaux.
Chaque agriculteur assurait lui-même le transvasement dans les wagons. Il avait pour cela amené sa pelle creuse. Pour les enfants des écoles c'était une bonne journée. Ce trafic de charrettes et de chevaux était un spectacle et pour le retour, devant le café du coin, on trouverait bien une occasion qui nous conduirait à la maison.


- Nous sommes début octobre.- Les pommiers offrent leurs pommes alors que leur feuillage commence à tomber au sol.
- La récolte se fera tout au long du mois d'octobre dans un calendrier ou chaque variété se placera suivant qu'elle sera plus ou moins tardive.- Les jeunes, le plus souvent des enfants se chargeront de grimper sur l'arbre, de secouer énergiquement les branches et ainsi de faire tomber le plus gros des pommes.
- Un adulte, à l'aide d'une longue perche finira le travail.
- Le ramonage sera à la charge des femmes, aidées si possible d'un homme vidant les paniers dans la charrette placée à proximité.
- La charrette pleine pourra être destinée à une expédition vers les cidreries.- Dans le cas contraire les pommes seront approchées des habitations, mises sur un lit de paille non loin du pressoir.
- Au premier plan, le chaume envahi de pensées sauvages sera bientôt labouré.


L'été est à peine terminé. Il faut mettre à profit l'absence d'humidité dans les parcelles et les chemins.Suivant les variétés, les pommes mures commencent à tomber c'est le moment de commencer la récolte qui durera jusqu'à la mi-novembre.Alors que les pommes de terre sont arrachées et mises à l'abri il faut brûler les fanes, une manière d'éloigner le mildiou.C'est également le moment de rapprocher des maisons les fagots de chênes bien secs.Les chaumes encore en fleurs (pensées et camomilles) attendront les labours de novembre.Betteraves et navets attendront les premières apparitions de gelées blanches.Le choix fourragers qui résiste au froid restera sur place.


Dans la toile 425, le village s’efforçait de quitter l’hiver pour mieux accueillir le printemps. Nous sommes à la mi-octobre, durant la période printemps, été, il a été question de semer, biner, faucher, moissonner. Désormais, place à l’automne qui à l’approche de l’hiver va devoir terminer les récoltes. Ce chevauchement été:automne si caractéristique était appelé l’Été indien pour certains, ou l’été de la Saint Martin pour d’autres. Dans notre village, on l’appelait le printemps de «Kergonan ». En effet, le saint local, Saint Luc, était fêté le dimanche le plus proche du 18 octobre. Un moment très attendu qui allait favoriser la moisson du blé noir. Dans les parcelles, les chaumes étaient en fleurs, pensées sauvages, camomilles, ravenelles. Autour des parcelles, les pommiers en profitaient pour exposer leurs fruits à la douceur de cette période.


La vallée du Blavet, rive gauche comme rive droite avait la réputation de produire généreusement de la pomme à cidre.Les bonnes années, les pommes non transformées sur place en cidre étaient destinées à "l'export" vers les cidreries / distilleries, de Redon, de Normandie ou du Nord-Pas de calais.La destination de Redon était assurée par les péniches en passant par Pontivy pour emprunter le canal de Nantes à Brest.Les destinations plus lointaines étaient atteintes par le chemin de fer.Pont Augan en réunissant canal et chemin de fer était remarquable donc.La complicité chemin de fer – canal était forte en Bretagne compte tenu de son relief.Le train privilégiait la ligne horizontale quitte à accepter les courbes contournant les collines.La péniche, plus encore exigeait un dénivellement faible pour ne pas multiplier les écluses.Pas étonnant donc de les trouver très souvent flânant côte à côte dans nos vallées.


Ce travail était amorcé début octobre- les vaches avaient préalablement brouté l'herbe, le sol tait sec, les feuilles quittaient les branches laissant apparaître les pommes.
Il fallait agir avant les premières gelées de décembre.
Un tombereau était placé bien en vue dans le champ. Le premier passage était pour le patron qui devait gauler. Les perches longues et flexibles étaient soit en châtaignier soit en bouleau. il n'était pas interdit de monter sur l'arbre et d'agiter les branches. Les enfants plus lestes pour grimper assuraient volontiers ce travail toujours spectaculaire.
Il était convenu de laisser sur l'arbre quelques pommes, une façon de rester en bon terme avec les merles et les grives qui en auront bien besoin quand le gel viendra.
Les femmes et personnes âgées se chargeaient de remplir les paniers, tandis qu'un homme plutôt solide les vidaient dans le tombereau. Les pommes n'étaient pas mélangées au hasard, au contraire le bon cidre résultait de combinaisons et dosages plus ou moins secrets.
Elles ne seront pas broyées immédiatement mais installées sur un lit de paille le temps de mûrir avant le pressoir.


L’automne s’impose. Il n’y a pas de temps à perdre, les terres cultivées doivent bientôt laisser l’hiver s’installer. Les chaumes en fleurs depuis septembre doivent à leur tour laisser venir les charrues. Les vaches, attachées à un piquet en profitent. Les choux fourragers libèrent les feuilles qui ne résisteront pas aux gelées de janvier. Les pommiers libèrent leurs fruits murs qui seront approchés du pressoir à cidre. Le long des talus, les enfants qui ont accompagné leur mère (venue déplacer des piquets) sont surpris de trouver des cèpes au pied des chênes. Demain à l’école, leur récolte sera présentée à la maîtresse qui ne manquera pas de l’utiliser pour la leçon de choses.


L'été s'achève.- A peine les pommes de terre arrachées que déjà le jeune trèfle incarnat lève.- Une dernière parcelle de blé-noir attend de rejoindre l'aire à battre.- Choux et betteraves ont fini leur croissance.- Les derniers labours vont bientôt retourner les chaumes encore en fleurs.- Avec la fraicheur et pluies, le vert reprend sa couleur terni par le soleil de l'été.


L'été s'achève, mais ce n'est pas encore l'automne, les feuillages des arbres et buissons sont ternes, fatigués par le soleil de l'été.Les chaumes prennent de la couleur avec la rosée du matin.Camomilles et pensées sauvages se mêlent au jaune des ravenelles.Le blé-noir devient gris-rose avec la formation de ses grains.Les pommes de terre attendent le passage de la charrue, alors que leurs fanes ont retrouvé leur couleur gris-zinc si caractéristique.Choux et betteraves achèvent leur croissance. Dans la lande, quelques fleurs jaunes apparaissent sur l'ajonc.


L'été s'achève.Avant le passage de la charrue dans les chaumes il était conseillé de faire un premier labour en surface.Après la sécheresse du mois d'août le sol avait besoin d'être brisé afin que l'humidité pénètre en surface.Cet instrument qu'il faudrait appeler cultivateur est arrivé après 1945.Mon père disait de lui qu'il avait été inventé pour les grandes plaines où plusieurs chevaux étaient disponibles.De ce fait il considérait que dans les petites exploitations comme la sienne cet instrument tuait le cheval. En effet il demandait un effort tel qu'il fallait au minimum deux chevaux pour le tirer.Quelques années plus tard le tracteur apportera une réponse à cette difficulté.


Quand l'été était sec, les nids de guêpes étaient nombreux, souvent dans les talus mais aussi dans les chaumes.Dans le tableau, le passage de la charrue vient de retourner le nid de guêpes. L'essaim libéré s'attaque au cheval et à son maître.Comme le cheval est attelé, sa réaction est violente, l'homme au risque de se faire piquer s'efforce de contrôler l'animal afin d'éviter qu'il ne s'emballe avec la charrue dans les pieds.Très vite, depuis les parcelles voisines les secours arrivent. Au prix de quelques piqûres le cheval sera enfin libéré puis conduit en douceur vers son écurie.


Un bien joli mois !
C'est encore les vacances pour les enfants. Les chaumes sont comme les prairies en mai : envahis de pensées sauvages, ils tirent sur le bleu et le jaune.
Pour les vaches, c'est le dernier régal avant l'hiver. Attachées certes, mais mieux vaut être tenues au bout d'une corde et bien nourries qu'en liberté dans un pré brûlé. Nous les enfants, nous n'avons plus à les surveiller. Nous sommes alors libres au risque d'être pris avec les grands pour ramasser les pommes de terre ou couper les fougères autour des champs.
Les pommiers commencent à plier sous leurs fruits ; bien souvent il faut les soutenir avec des branches de chêne, que l'on saura récupérer l'hiver venu. Les choux plantés en juillet vont céder leurs feuilles pour les vaches.
Dans les bois et sur les talus, l'automne annonce la couleur, qui passera du vert au jaune puis au marron.