ESPACES ET CIRCULATION

Etrangers de passage

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Huile sur toile
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208
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60 x 50
CM
Le petit cirque s'installe
Le petit cirque s'installe

Nous sommes dans le hameau de Kergonan vers 1946, 1947.Cette modeste troupe gagnait sa vie par son petit spectacle en allant de village en village.De maigres petits chevaux tiraient les roulottes. La ménagerie se résumait bien souvent à quelques singes, une biquette, un âne ou deux et quelques chiens dressés.Les numéros étaient sommaires, un clown musicien, un dresseur d'animaux souvent mangeur de feu, le tout complété par quelques tours de magie.Pour notre petit village il s'agissait d'un grand évènement.Entre midi et la reprise des classes, une fois la soupe prise à la cantine tous les enfants de l'école s'approchaient de ce petit cirque en cours d'installation.Les animaux nous étonnaient bien sur mais également les personnages, leurs habits, leurs roulottes aux couleurs vives. C'était en soi déjà un spectacle.

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Les bohémiens en transit
Huile sur toile
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302
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60 x 50
CM
Les bohémiens en transit
Les bohémiens en transit
Les bohémiens en transit

A partir de pâques, avec les beaux jours, les pardons sont fréquents.Les bohémiens en profitent naturellement pour se déplacer et s'installer dans les bourgs concernés.C'est pour eux l'occasion de participer à la fête en présentant un stand leur laissant une maigre recette.A côté d'un casse-boîte, les ânes et chèvres, par un numéro souvent sommaire permettent de fixer les curieux.Dans la toile, la destination serait le pardon de Saint Mathurin à Quistinic, en passant par Pont Augan.La descente vers la vallée du Blavet n'était pas sans risque, aussi toutes les personnes valides sont mobilisées pour retenir les roulottes pas toujours en bon état.C'est début juin, aussi le binage bat son plein dans les parcelles, cependant pour un tel spectacle la pause est appréciée.Les genets sont toujours en fleur alors que le blé noir vient de lever.

Sur le chemin des aveugles
Huile sur toile
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201
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60 x 50
CM
Sur le chemin des aveugles
Sur le chemin des aveugles
Sur le chemin des aveugles

Autrefois, les villages étaient reliés entre eux par un réseau dense de chemins et sentiers.Ainsi les aveugles disposaient de nombreux repères leur permettant de village en village de parcourir la commune entière.Après avoir mis à jour leurs "infos" par le passage par le bourg, de village en village de maison en maison ils colportaient grandes et petites nouvelles.Nouvelles des gens, des animaux, des récoltes, du temps qu'il faisait, du temps qu'il allait faire…Le lavoir réputé pour ses échanges de potins était forcément l'occasion d'une longue pause.Ce travail d'utilité publique valait bien sa rémunération, casse-croûte, boisson et un bon grenier pour la nuit.

Arrivée du paysan de bord de mer
Huile sur toile
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50
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60 x 50
CM
Arrivée du paysan de bord de mer
Arrivée du paysan de bord de mer
Arrivée du paysan de bord de mer

Le troc oignons/ céréales

Chaque année, la moisson achevée, nous avions droit à la visite du cultivateur de bord de mer !

De porte en porte, il échangeait ses oignons et carottes contre les céréales (seigle, blé, blé noir). Il venait de la région de Plouhinec, à 30 km donc, et cependant nous le percevions comme un étranger arrivant d'un pays lointain.

Son accent était différent, ses habits, son cheval était plus léger ainsi que sa charrette.

Ceci s'expliquait bien dès lors qu'il venait de terres moins lourdes que celles de ma commune.

Parfois sa femme l'accompagnait. Il dormait chez l'habitant, ou plutôt dans le grenier de l'habitant.

Le bouilleur de cru ambulant
Huile sur toile
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367
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60 x 50
CM
Le bouilleur de cru ambulant
Le bouilleur de cru ambulant
Le bouilleur de cru ambulant

Autrefois, tout récoltant avait un droit à distiller du cidre pour sa propre consommation : environ 20 litres de calva à 50 degrés ! Le bouilleur de crus s’installait dans le village le temps de traiter les différentes exploitations. Cela se passait à partir de novembre dès que le cidre nouveau prenait la place de celui de la récolte précédente. Le vieux cidre trop aigre était ainsi disponible pour la distillation. Les journées étaient courtes en cette période de l’année, la « machine » continuait son travail une fois la nuit tombée. C’était donc l’occasion pour les hommes du village de se réunir autour de l’alambic ! Cela se passait dans une atmosphère très particulière : L’obscurité, le silence, l’odeur de l’alcool et de la pomme cuite, la fumée, le tout proche de la douce chaleur de la chaudière ! La conversation à voix basse laissait de la place à la dégustation du filet de calva qui s’échappait de l’alambic.

Le facteur au village
Huile sur toile
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63
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60 x 50
CM
Le facteur au village
Le facteur au village
Le facteur au village

En zone rurale, le facteur n'était pas véritablement surchargé de courrier. Quelques journaux bien sûr. Une lettre d'un fils au service militaire, souffleur de verre à Baccarat, en Beauce aux betteraves, exceptionnellement missionnaire en Afrique.Mais un facteur sans lettre n'était pas un facteur sans nouvelles... En effet, il était là aussi pour distribuer les nouvelles du bourg. Enfin pour moins que le prix d'un timbre, vous pouviez le charger d'une commission.Le véritable prix de cette communication? Un verre de cidre par beau temps- une petite place devant le feu pour quelques minutes par temps froid. Pour notre facteur, il s'agit de Mathurin Le Floch de Kergonan, mon oncle.

Les charretiers de camors
Huile sur toile
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7
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50 x 60
CM
Les charretiers de camors
Les charretiers de camors
Les charretiers de camors

Le métier de charretier a disparu avec les tracteurs et engins forestiers.Tout de suite à la libération de 1945, le camion G.M.C. « tout terrain » laissé par les américains a été adopté puis généralisé.

Le charretier pouvait travailler pour le compte d'une scierie (pont de Baud, Languidic) mais aussi au coup par coup pour les sabotiers. Mon père me disait qu'un charretier ne vivait pas vieux, son cheval non plus, tellement l'effort fourni pouvait être violent. Ce qui m'impressionnait le plus, c'était le « diable » avec ses grandes roues, sa flèche et ses grosses chaînes. Les chevaux qui devaient traîner des troncs lourds savaient travailler en utilisant au mieux le terrain. Ils n'avaient guère besoin d'être dirigés. Certains rugissant dans l'effort et c'était un grand spectacle. En fin de journée, les hommes à leur tour produisaient un grand effort avec bien des risques. Il fallait en effet charger des billes sur la charrette; ceux du tableau venaient du pont de Baud, un certain Tréhin, entre autres, je crois.

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Le petit cirque s'installe
Huile sur toile
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208
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60 x 50
CM
Le petit cirque s'installe
Le petit cirque s'installe
Le petit cirque s'installe

Nous sommes dans le hameau de Kergonan vers 1946, 1947.Cette modeste troupe gagnait sa vie par son petit spectacle en allant de village en village.De maigres petits chevaux tiraient les roulottes. La ménagerie se résumait bien souvent à quelques singes, une biquette, un âne ou deux et quelques chiens dressés.Les numéros étaient sommaires, un clown musicien, un dresseur d'animaux souvent mangeur de feu, le tout complété par quelques tours de magie.Pour notre petit village il s'agissait d'un grand évènement.Entre midi et la reprise des classes, une fois la soupe prise à la cantine tous les enfants de l'école s'approchaient de ce petit cirque en cours d'installation.Les animaux nous étonnaient bien sur mais également les personnages, leurs habits, leurs roulottes aux couleurs vives. C'était en soi déjà un spectacle.

Les bohémiens dans le froid
Huile sur toile
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309
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60 x 50
CM
Les bohémiens dans le froid
Les bohémiens dans le froid
Les bohémiens dans le froid

Le nomadisme a souvent fait l'objet de stéréotypes : gitans, saltimbanques, roms ...Baudelaire disait bohémianisme en évoquant le vagabondage.Peu importe pour nous autres enfants d'un petit village du Morbihan.Alors que nous étions proches de la pauvreté, voilà que passent parmi nous des " gens " qui nous semblaient plus pauvres que nous !Ils nous intéressaient.Nous étions curieux, méfiants et admiratifs à la fois.Leur présence était appréciée pour la différence qu'ils apportaient.Dans la toile, il fait froid, nous venons de quitter la cantine (installée dans un café du hameau) pour rejoindre l'école proche.Par cette froide journée, leur pauvreté nous semblait difficile à supporter, aussi, leur courage nous impressionnait.

La traversé de la lande (le taupier)
Huile sur toile
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411
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50 x 60
CM
La traversé de la lande (le taupier)
La traversé de la lande (le taupier)
La traversé de la lande (le taupier)

L’automne s’achève. Les taupes s’activent pour finir de mettre à l’abri de quoi passer l’hiver proche. C’est le moment de poser les pièges, à la périphérie des prairies, le long des talus et haies. Au printemps prochain un second passage finira le travail. De village en village, notre taupier passe forcément par le sentier le plus court, celui qui traverse la lande commune. C’est aussi la haute saison pour le coupeur d’ajonc, profitant de l’humidité de l’automne. La rencontre de nos deux personnages sera l’occasion d’une pause (ils appartiennent à une même école, celle des indigents actifs !) Il sera question des actualités de la commune et des villages proches. Avant de se quitter ensemble ils regarderont le ciel pour mieux évoquer le temps qu’il fera les jours prochains.

Les sardines arrivent
Huile sur toile
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247
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60 x 50
CM
Les sardines arrivent
Les sardines arrivent
Les sardines arrivent

Nous sommes en juillet. La moisson bat son plein, le seigle est déjà en meule dans l'aire à battre.Les journées sont si longues qu'il est naturel de faire une pause autour de 17 heures, le temps de traire les vaches, alimenter les pors de faire une petite collation.Les sardines fraîches grillées étaient appréciées, mais hélas les arrivages étaient aléatoires.La poissonnière une veille dame s'était le matin approvisionnée à la criée de Lorient, pris l'autocar qui la conduisait dans un hameau où sa petite charrette (un vieux landau) attendait.C'était le point de départ de sa petite tournée.A l'ombre des pommiers, nous devions attendre parfois des heures, et dès qu'elle avait lâché son cri dans le village précédent nous pouvions alors prévenir nos parents que les sardines étaient sur le point d'arriver.Nous l'accompagnions jusqu'à nos maisons tout en l'aidant à pousser ce petit chargement.Les sardines étaient recouvertes de branches de châtaigner tandis qu'un nuage de mouches accompagnait le tout.Nous appelions "marie sale" cette pauvre poissonnière qui nous rendait bien service.

Le réparateur de parapluies
Huile sur toile
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19
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41 x 33
CM
Le réparateur de parapluies
Le réparateur de parapluies
Le réparateur de parapluies

Il ne figure dans aucun bottin!

C'était un de ces petits métiers qui revenaient à ceux qui n'avaient pas un foyer fixe. Son utilité justifiait largement le repas et le sommeil au grenier. Il avait peu d'outils, une pince, du fil, des aiguilles, un couteau et beaucoup de vieux parapluies sur lesquels il pouvait prélever les éléments nécessaires. Il avait en mémoire tous les parapluies de la circonscription qu'il sillonnait: Quelques centaines! Avec son activité de réparateur, bien entendu, il portait les nouvelles de village en village.

Le coupeur de lande
Huile sur toile
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3
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50 x 60
CM
Le coupeur de lande
Le coupeur de lande
Le coupeur de lande

Pas un métier véritable. Une spécialité cependant. Un travail généralement réservé aux sans domicile fixe. Le travail leur apportait le repas, une place au grenier et une petite somme. Quelques avantages exceptionnels :

- celui de dormir à la place du cochon qui venait d'être tué- celui de récupérer les vêtements du mort éventuel.J'ai gardé le souvenir précis de celui qui venait à notre ferme

- on l'appelait "Misère", il nous menaçait toujours de se noyer dans le Blavet s'il n'y avait pas de travail pour lui !

Nous étions fiers de lui porter son repas à la lande. Il fallait pour cela deux enfants car deux bouteilles de cidre étaient indispensables.

Il nous réservait des surprises, des nids de rossignols, des vipères ou couleuvres...

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