GLOSSAIRE

« Les mots qu’il ne faut pas lâcher »

Le glossaire breton-français de Lucien Pouëdras

Michel Oiry*

« Ce qui a été pensé en breton, vécu en breton, discuté en breton, ne se transmet pas en français. D’abord parce que les termes ne correspondent pas véritablement. Ensuite parce que la grande majorité des hommes et femmes de la génération de mes parents n’avaient guère été à l’école : ils maîtrisaient mal la langue française. En 1960, un jeune avait honte de parler breton, un vieux avait du mal à s’exprimer en bon français. Il ne faut pas s’étonner alors si les gens âgés ont cessé de parler de ce qu’ils ont vécu. Le présent, ils ont accepté d’en parler en français avec le vocabulaire « moderne ». Le passé, ils ne pouvaient en parler qu’en breton, c’est-à-dire qu’avec d’autres personnes âgées. J’ai pensé alors que je faisais partie de la génération intermédiaire, un pied dans le passé, l’autre déjà dans le monde moderne, et que ma génération se devait de transmettre l’héritage. Tel est le point de départ de mon travail : réunir, comprendre, noter tout ce que j’avais reçu de mes parents et grands-parents pour le communiquer aux plus jeunes. »

Le préambule de La mémoire des champs, dans sa première édition, en 1993, rappelle en ces termes l’exigence du recours à la langue bretonne dans l’enquête de terrain qui a précédé la recréation picturale. C’est effectivement dans cette langue que prend racine la démarche initiale de Pouëdras et c’est aussi dans cette langue qu’il souhaite aujourd’hui que l’accès à son œuvre puisse également se faire, en proposant aux bretonnants, non pas le discours encyclopédique que mériterait son intime connaissance de la civilisation rurale, mais une sélection des termes indispensables à sa compréhension et dont il a lui-même usé. On ne s’étonnera pas d’y rencontrer des traits de caractère individuel et de théâtre social parmi des réalités physiques et techniques, parce que le monde des tableaux de Pouëdras est toujours un espace d’une forte teneur humaine. Une telle densité ne saurait évidemment tenir en aussi peu de mots que ceux de ce glossaire. Qu’il soit donc d’abord comme un petit dictionnaire portatif à l’intention des enseignants et des médiateurs culturels, des élèves et des étudiants que ce peintre très soucieux de pédagogie n’oublie jamais d’associer à ses expositions. Ils y trouveront de justes mots pour décrire un objet en apparence banal, un paysage rural à un moment, ou plutôt à un tournant, de son histoire, mais dont le fonctionnement et le sens sont d’une très subtile complexité. Chacun de ses mots vaut beaucoup plus que la seule traduction, comme pour ar c’harzh et ar bluenn, le talus et la haie, ou encore ar lann, la lande, qui expriment à eux seuls toute une organisation de l’espace et du mode de vie. Ce sont des mots en couleurs, à large spectre, dépositaires de toute une expérience, dont la réactivation contribue à restaurer le lien avec un monde qui s’est trouvé injustement déconsidéré et mis hors-jeu par l’évolution des campagnes à partir des années cinquante. Et ce, non pas par nostalgie, mais pour mieux appréhender les problématiques environnementales contemporaines, en quelque langue que ce soit.

Cette reconnaissance, aujourd’hui, de la langue de son enfance est une sorte de prise de conscience du rôle qu’elle n’a jamais cessé de jouer dans le filigrane de sa sensibilité et l’élaboration continue d’une œuvre toujours active, bien qu’il n’en ait plus depuis longtemps la pratique courante et n’en goûte vraiment le plaisir que lorsqu’il se retrouve parmi les siens à Languidic. Il aurait pu en être autrement, car la relation à cette langue relève d’une histoire personnelle conflictuelle. Il se souvient d’avoir précocement ressenti, sinon compris à l’âge qui était alors le sien, un profond décalage entre son milieu et ce qu’il rapportait de l’école publique de Kergonan, le français et la culture « de la République », dit-il. Quand il revenait chez lui, ayant appris Le Corbeau et le Renard, il ne pouvait réciter à sa grand-mère un texte qu’elle ne comprenait pas, et il ne pouvait pas non plus, ni lui, ni personne autour de lui, acquiescer au point de vue de La Fontaine et faire comme lui du corbeau un nigaud. Il y a en outre un aspect politique et religieux associé au breton, source d’incompréhensions multiples. Il y a le catéchisme républicain en français de l’instituteur qui reproche vertement à son ancien élève de n’avoir pas mis un club de foot nouvellement créé sous la bannière de l’Amicale laïque. Il y a le catéchisme en breton, dispensé aux élèves de l’école publique dans un groupe à part, dont Lucien ne comprendra le sens que grâce à un jeune réfugié de Lorient de son âge, dans les années d’après-guerre, parce qu’il le lui avait montré en français et en beaucoup plus long ! On ne saurait donc s’étonner d’une sorte d’ambivalence chez le jeune Pouëdras à l’égard du breton. Au collège de Baud, il fait en sorte de corriger un accent qui sentait plouc, pour ensuite aller suivre discrètement les cours de breton de Gildas Bernier au lycée de Lorient, jusqu’à participer à un concours d’Ar Falz et y remporter un prix pour un texte sur le défrichage d’une lande.

La langue ici présentée est celle de Languidic, un breton du dialecte vannetais avec ses éventuelles particularités morphologiques ou phonétiques, validées comme les mots eux-mêmes, par Lucien Pouëdras, et accompagnées le cas échéant de formes standard. N’ont pas été transcrites certaines de ses hypothèses étymologiques, difficiles à certifier linguistiquement mais porteuses par l’analogie de toute une poétique des éléments et des mentalités. C’est ainsi que la taupe et le forgeron se donnent la main parce que go et gow vivent dans le noir ou dans l’obscurité nécessaire au travail du fer sur l’enclume. Et que dire de pluenn, ar bluenn, la haie ? Le peintre y reconnaît bleuñv, fleurs à fruits, ce qui ajoute une note de couleur à un nom qui est aussi celui de la plume et fait entendre ce que devient le souffle du vent quand il vient, dans une haie, s’alléger. C’est la part du langage dans la recréation picturale d’un monde et l’implicite d’une toile.

*Michel Oiry a édité l’enquête ethnologique de Jean-Michel Guilcher à Languidic (Languidic, ce monde que nous aurions perdu. Une enquête au long cours. 2021, éditions du CRBC).

Le glossaire a bénéficié de la relecture attentive de Jean-Claude Le Ruyet, natif de Languidic et auteur de Le breton, des dialectes à la langue écrite (2019. Editions Skol Vreizh).

A

ac’hoez n.m. espace de temps autour de midi, kas ar saout d’an ac’hoez c’est sortir les vaches en fin d’hiver à ce moment de la journée, kousk ac’hoez sieste.

ant n. m. fond du sillon.

arar n.f. charrue, pr.« arèr », v. braban(t).

arneñv n.m. orage, pr. « arnan ».

aval n.m. pomme, pl. avaloù, pr. « avalow »

avalenn n.f. pommier, pl. gwez avaloù.

avaloù-douar pl. pommes de terre, patates, pr. « aval’douar, avëdouar », un avëdouarenn une patate, st. un aval-douar.

B

baraban v. braban(t) n.m. charrue.

barlenn n.f. giron & margelle, rebord, barlenn ar puñs la margelle du puits, barlenn ar fenestr le rebord de la fenêtre.

baron n.m. bouvreuil.

baset n.m. tabouret pour traire les vaches.

begeg adj. et n.m. imbécile.

beg-moan n.m. et adj. (personne) qui fait la fine bouche, pr. « bèg moin-n » [mwέn].

beragn v. ci-dessous.

bern n.m. meule de gerbes, en attente de battage, pr. « beragn » (v. gôlveg).

betrab coll. betteraves, ur vetrabenn une betterave.

bezw coll. bouleau, pr. « bèw », ur vezvenn, un bouleau.

bistrag n.f. petite grive. pl. bistraked.

blazer n.m. puant, prétentieux.

bleñch adj. geignard, pleurnicheur.

bleuñv coll. fleurs à fruits, pr. « blœuw ».

bohemianed n.m.pl.bohémiens.

boked an Drinded pensée sauvage.

bokedoù n.m.pl. fleurs d’ornement, ur boked une fleur.

boemm n.m. haut du sillon v. erw, st. bomm.

boruig, jabot ru, morvig, torig-ruz pr. « touliru » rouge-gorge.

botaouer n.m. sabotier, pl. botaouerion.

bouilhard n.m ondée, grain.

boulom n. m. bonhomme & gerbe de blé noir dressée.

braban(t) n.m. charrue de Brabant (charrue métallique à avant-train), ar braban la charrue.

bran n.f. corneille, pl. brini & « brandi » à Languidic, ur vran une corneille (confusion fréquente avec corbeau).

breudiezh n.f. fraternité, souvent compris comme fraternité de quartier, communauté ayant la même chapelle, pr. « brëdiac’h », st. breuderiezh.

broch n.m cheville de bois pour lier une gerbe, broche, aiguille à tricoter.

brulu coll. digitales, pr. « beurlu » .

brum n.m, brumenn n.f. brume, brouillard.

bugul n.m. berger, pr. « budjul », pl. bugulion, ar vugulion.

C

champïoned champignons, ur championenn un champignon.

chiminal n.m.cheminée.

« chtibreù » rejets d’un arbre. Ces rejets, coupés périodiquement et repoussant de la souche, sur le saule et le châtaignier notamment, servaient à faire des manches d’outils ; st. (s)kebr, chevron, pl. kebroù.

c’hwider, c’hwidel n.m. alouette & kodioc’h, st. alc’hweder.

D

derw coll. chêne [dèrɥ, dèrɥèn], un dervenn un chêne, koed/koad-derw du bois de chêne.

dichaochiñ vb. nettoyer un talus.

didailh adj. qui bouge tout le temps, indiscipliné, mal élevé (en parlant d’un enfant).

difraostiñ vb. défricher, difraostadur n.m. défrichage, pr. « difrocht- ».

digoriñ vb. ouvrir, au sens de défricher, pr. « didjoragn ».

dirizon adj. grognon, râleur.

dornerez n.f. batteuse (machine).

dornet adj. adroit de ses mains, peut être renforcé en dornet mat (bien).

dram n.f. javelle.

drask n.f. grive, pr. « darask ».

drein coll. ronces, un dreinenn n.f. une ronce & drez, un drezenn ; au sens propre, drein signifie arêtes (de poisson).

druz adj. gras, douar dru(z) terre grasse.

E

ebeul n.m. poulain.

ebeul-koed n.m. pivert, dont le cri fait penser au hennissement du jeune poulain.

erw n.f. haut du sillon.

erc’h n.m. neige.

euredenn n.f. mariage, & eured.

F

falz n.f. faucille.

falz trañch faucille épaisse et lourde pour couper de petites branches.

faou coll. hêtre, ur faouenn un hêtre ([yr faɥèn], pr. « ur fa-uènn », koad faou du bois de hêtre.

fest an hoc’h n.f. fête du cochon (quand on tue le cochon).

feskenn n.f. gerbe, pr. « fëchenn ».

feutan n.f. fontaine, st. feunteun.

fichell petite fourche de bois pour regrouper les herbes coupées à la faucille.

filaj n.m. veillée (commune).

flip n.m. boisson d’hiver au cidre chaud.

flourenn n.f. petite prairie abritée, précoce, proche d’un village, irriguée par l’eau d’une source, plus tiède que celle d’un ruisseau.

foar n. f. foire pr. « foér ».

foenn n.m. foin.

foñjell n.f. fossé, st. foz, fozell ; fonjelad vb. farfouiller.

forc’h n.f. fourche.

forn n.m. four.

fouer rouz n.m. qui fait dans son froc, de  fouer diarrhée,lie, pr. «  fouir », & rouz adj., marron.

frailh n.f. fléau.

G

gad n.f. lièvre, pl. gedon, gadon.

garzh n.f. talus planté, arboré, pr. garc’h, ur c’harzh, pr. « ur hyarc’h », un talus.

gavlod n.f. fourche en fer à deux doigts.

gazeg n.f. jument.

glaw n.m. pluie.

go n.f. taupe, st. goz

gow n.m. forgeron pr. « go ».

golvan n.m. moineau, pl. golvaned.

gôlveg n.f. meule de paille, après battage (contraction de koloveg, koloeg) v. kolo, bern, & beragn.

goûg frailh n.m. articulation des deux parties du fléau, v. toudous.

gouren n.m. lutte bretonne.

gourgelenn n.f. fragon, petit-houx, freskon à Brec’h.

gouzer n.m. litière, v. streved, strewad.

govell n.f. forge.

grizienn n.f. bordure herbée des talus, pr. « grienn ».

gwildro, boued-gevr n.m. chèvrefeuille (& gwezvoud).

gwazh n.f. ruisseau, pr. « gouèc’h », ur wazh, pr. « ur ouerc’h » un ruisseau.

gwennad vb. biner, éclaircir.

gwenniel n.m. hirondelle & gwennel & darondel. pl. gwennieled.

gwez coll. arbres, ur wezenn, n.f. un arbre, pr. « gwenn , ur wenn » [yr ɥèn].

gwinizh n.m. froment, pr. « djunèc’h ».

gwinizh du n.m. blé noir, pr. « djunèc’h tu ».

H

had n.m. semence.

hadañ vb. semer, pr. « hadagn ».

haleg coll. saule, koad-haleg du bois de saule, un halegenn un saule.

haot n.m. entraves pour un cheval, dihaot sans entraves.

harnez n.f. harnais & leraj.

heïz coll. orge, pr. « hei ».

hent n.m. chemin, route.

hent-karr n.m. chemin tracé par la charrette dans un champ.

hent ar marw n.m. le chemin de la mort.

hempraz n.m. grand-route (contraction de hent-braz).

I

iliaw n.m. lierre, pr. « dëliaw », contraction de del iliaw feuilles de lierre.

iwarh n.m. chemin creux, v. niwharh.

J

jao n.m. et n.f. cheval.

jao blein n.m. cheval de tête.

jégig/kegig rouz n.m. fauvette des jardins ; jégig/kegig gwenn sorte de fauvette ; jégig/kegig du fauvette à tête noire & vedig n.m.

K

kaloneg adj. courageux.

kanaber n.m. chardonneret.

kaol coll. choux, ur gaolenn un chou, kaol-pom choux-pommes, ur gaolenn-bom un chou-pomme.

kaouenn n.f. chouette, ur gaouenn une chouette.

karr n.m. charrette, ar c’harr la charrette.

karrigell n.f. brouette, pr. « kartchèll, ar gartchèll ».

kelenn coll. houx.

kempoueziñ vb. équilibrer (la composition d’un fumier), pr. « kampouizagn ».

kêr n.f. village, lieu habité.

kerc’h n.m. avoine, youd-kerc’h bouillie d’avoine.

kerez coll. cerises, ur gerezenn une cerise & un cerisier, koad-kerez du bois de cerisier.

kesten & kistin coll. châtaignes, ur gistinenn une châtaigne & un châtaignier, koad-kesten du bois de châtaignier.

keveleg n.m. bécasse, ur c’heveleg une bécasse.

ki n.m. chien, pl. chas, pr. « châch ».

kignez coll. merises, ur gignezenn une merise & un merisier.

klasker-bara & klaskour-bara n.m. mendiant.

klujar n.f. perdrix. pr. « klujard ».

knaou coll. noisettes, knaoù-gall noix, ur g’naouenn une noisette, une noix & un noisetier, un noyer.

kolo n.m. paille (de blé noir), tiges, v. gôlveg & plouz.

korveg (korfeg), korver n.m. hibou.

kouarc’h coll. chanvre ; liorzh-kouarc’h parcelle réservée au chanvre ;  poull-kouarc’h, trou d’eau pour mettre le chanvre à rouir sous de grosses pierres.

koumoul coll. nuages & kogus coll. nuages blancs, ur goumoulenn n.f, & ur gogusenn n.f. un nuage.

konifl. n.f. lapin pl. konifled, pr. « kounifed ».

kraou n.m. étable. pr. « ar c’hreuw ».

krouèdur n.m. enfant, st. krouadur, pl. bugale, v. labous.

kumuniñ vb. ranimer le feu (avec un bouchon de paille), pr. « kumunagn,tchumunagn », kumuniñ an tan.

kurun n.f. tonnerre, ar gurun.

L

labous n.m. enfant, au propre oiseau. Le mot était surtout employé quand on voulait gronder les enfants ou qu’on s’en plaignait : gast a laboused ! sales gosses ! Le doublet lapous [a bref] de labous [a long] était surtout employé pour dire qu’untel était « un drôle d’oiseau », « ur sapre lapous eo hennezh ! »

lagad-bleiz n.m. arc-en-ciel & gwareg-glaw n.f., st. kanevedenn.

lann n.m. ajonc & lande, espace collectif fournissant litière et, en hiver, nourriture de transition pour le bétail (ajonc broyé avec fougère et lierre), lann gozh vieille lande, pr. « lann goc’h » à Languidic, « sauf que », comme dirait Lucien Pouëdras, cette lande à usage des fours de boulangers peut aussi se comprendre comme « lann gour » (de gorein, chauffer au four).

lanneg n.m. champ d’ajonc semé.

leur n.f. aire à battre, pr. avec le eu de jeu.

leuénan n.m. roitelet, st. laouenan.

libourañ pr. « libouragn » vb. mélanger, entremêler. Le mot évoque un mélange grossier que son antonyme dilibourañ inverse en démêler.

liorh n.m. verger ou bout de prairie proche de la maison, st. liorzh.

loj n.m. niche (tous sens) ; loj ar c’hi la niche du chien ; loj « bounal » (st. banal), cabane en genêt, caractéristique de l’habitat ancien de Lanveur, quartier de Languidic.

luèrn, n.m. renard, pl. luèrned, st. louarn, pl. louarned.

M

mammenn n.f. source.

mamm-leuzeù n.f., st. mamm-louzoù, camomille, la mère des plantes.

mantell n.f. manteau, ar vantell-chiminal le manteau de la cheminée (ar sac’h, à Brec’h).

marc’h n.m. étalon.

marc’h-limon n.m. cheval de tête.

marc’had n.m. marché.

marchaosi n.m. écurie.

marr n.f. (grosse) houe.

marw n.m. & adj. mort, ar marw la mort.

megin n.f. soufflet de forge.

merchon n.m. trèfle (généralement trèfle incarnat), st. melchon.

melin n.f. moulin.

melion & merion coll. fourmis, melioneg fourmilière, st. merion/merioneg (melion étant pensées sauvages).

mellad n.f. soule, jeu par équipes apparenté au rugby, ar vellad la soule.

minotenn n.f. chemin, sentier, ur vinotenn un sentier (& gwenodenn).

mouialc’h n.f. merle. pr. « mouial(h) », st. moualc’h.

mounard adj. renfermé.

N

niwharh n.m. chemin creux, an diw c’harzh, an niw c’harzh les deux talus, devenant iwharh par fausse coupe entre le nom et l’article (v. nozigan) ; un niwharh voan un chemin creux étroit (moan mince, étroit, pr. « mo-in-n » [mwέn]).

nozigan n.m. korrigan, pl. an noziganed, un des noms vannetais du korrigan. Yves Le Diberder, dans sa collecte de récits d’êtres fantastiques auprès de Stéphanie Guillaume (1913-1916) a contribué à imposer la forme ozegan, résultant d’une fausse coupe entre le nom et l’article, an ozegan plutôt que an nozegan/an nozigan.

O

oabl n.m. ciel (physique), pr. « oèpl ».

oaled n.f. âtre, foyer.

oged n.f. herse.

onn coll. (du) frêne, un onnenn n.f. un frêne ; dous an onnenn la douce du frêne, nom d’une variété de pommes à Languidic-Kerhel.

oulm coll. (de l’) orme ; koed-oulm du bois d’orme ; oulm gwenn orme, variété de frêne.

ozigan n. m. nain, korrigan, v. nozigan.

P

pal n.f. pelle, ur bal une pelle.

palikell n.f. spatule en bois pour retourner les crêpes.

papilhon n.m. papillon, pl. papilhoned, st. balafenn, ur valafenn.

pardon n.m. pardon, fête religieuse annuelle en l’honneur du saint dédicataire d’une chapelle ou d’une église.

park n.m. champ.

pawbran coll., pour-bran, boked-bran jacinthes.

pazenn n.f. échalier, marches d’escalier pour franchir un talus, pl. pazennoù.

penher n.m. cour de ferme, pr. « pënhér » espace de circulation entre maisons, étables et granges où s’accumule le streved (v. ce mot), s’écrit aussi pennc’hêr ; syn. reper n.m., pr. « rëpér ».

pennmarr n.m. étrèpe, lourde houe pour arracher les souches lors d’un défrichage.

peul n.m. pilier & longue perche en bois à poignée pour hisser la paille au sommet de la meule (v. gôlveg).

pik n.f. pie, ar bik la pie, pl. piked (n.l. Kerbiked).

pilhotour n.m. chiffonnier.

pitaod n.m. & adj. (un homme) riche.

plouz n.m. coll. paille (de froment), ur blouzenn n.f. une paille, v. kolo.

pluenn n.f. haie sans talus, ur bluenn, pl. pluennoù.

porch n.m. hangar ; porch ar leur hangar sur le côté de l’aire.

poull n.m. & douet n.m. lavoir.

ponner adj. lourd, lourdaud, pr. « pounner », douar ponner terre lourde, den ponner, un lourdaud.

prad n.m. prairie.

presoer n.m. pressoir.

pri n.m. glaise, argile, un toull-pri endroit d’où l’on extrait de l’argile, v. toullenn.

R

raden coll. (de la) fougère, ur radenenn une fougère, radeneg fougeraie.

ranjod n.m. baquet pour la nourriture des cochons.

reper n.m. cour de ferme, pr. « rëper », v. penher.

rèw n.m. gelée blanche, ur rewenn une gelée blanche.

rozell n.f. râteau pour ramasser le grain & tournette à crêpes.

ruzenn n.f. sentier, passage emprunté par les enfants pour passer un talus, v. skalf-hir.

S

saout pl. vaches [sœwt] sing. buoc’h n.f., ur vuoc’h une vache, pr. « beuc’h, ur veuc’h ».

sapin coll. (du) sapin, ur sapinenn un sapin, ; koed-sapin du bois de sapin ; ur c’hoed-sapin un bois de sapin.

sapin-kroéz coll. sapins de croix, emblème du village et matière à échelle pour les toits de chaume.

segal n.m. seigle, segaleg champ de seigle.

sistr n.m. cidre, pr. « chicht ».

skalf-hir n.m. barrière de champ dans un talus, composée de deux ou trois barres de bois horizontales, cauchemar du facteur à bicyclette.

skaw coll. (du) sureau, ur skavenn un sureau.

skodoù lann petites mottes d’ajonc coupé en voie de décomposition pour faire de la litière, pr. « skodow ».

skol n.f. école, ar skol l’école (l’institution), an ti-skol la maison d’école, moned d’ar skol aller à l’école.

skloum n.m. & adj. nœud & connard, pr. « skleum ».

souch-koad n.m. chêne têtard, chêne creux, pr. « souch koèt ».

spalwer n.m. épervier, pr. « spalouér ».

streved, strewad n.m. litière & fumier du penher (v. ce mot), étendu sur les prairies (v. gouzer)

T

tal-karr n.m. extrémité avant ou arrière de la charrette.

taouarc’h n.m. tourbe.

teil n.m. fumier, ur yoc’h-teil un tas de fumier & teileg, an deileg, pl. teilegi des tas de fumier.

ti-glaz n.m. maison couverte d’ardoises.

ti-plouz n.m. chaumière.

ti-skol n.m. le bâtiment de l’école.

ti-tan n.m. maison d’habitation, où l’on fait du feu.

toer n.m. couvreur, pl. toerion.

toemm adj. chaud, pr. « tuèmm », douar toemm terre chaude.

toseg n.m. crapaud, pl. tosegi, pr. « tosedji ».

toudous n.m. garniture de cuir du manche du fléau.

toull-koed n.m trou à bois, réserve de bois, à l’intérieur ou à l’extérieur du ti-tan.

toullenn n.f. trou servant de réserve de glaise pour la terre battue & bourrier (quand cet espace était abandonné), v. pri.

tousenn n.f. bûche de Noël de gros calibre, pouvant tenir une semaine, contre laquelle on fait le feu.

trañch n.m. pioche.

trechon n.m. oseille.

trepé n.m. trépied, pr. « tërpé », st. trebez.

trikot/trikod n.m. gourdin des darbodeurs, les entremetteurs de mariage.

troc’her-lann n.m. coupeur de lande.

turzhunell n.f. tourterelle, pr. « turhunell/treùenell », un durzhunell une tourterelle.

U

urzhiou d’ar roñsed langage tenu aux chevaux, avec le vouvoiement qui est de rigueur dans le breton de Languidic, sauf pour les morts, que l’on tutoyait.

chomit trankil reste/restez tranquille(s), pr. « chëmët trantchil ».

dait ! viens/venez !

dait en-dro ! reviens/revenez ! pr. « daid in’dro »

d’ar gêr ! à la maison ! pr. « d’er gir, d’ër djir, d’ër djér »

djouk ! à gauche !

diwallit ! fais/faites attention !

hei ! avance/avancez !

kulit ! recule/reculez ! pr. « tchulët ».

tennit ! tire/tirez ! pr. « tennët ! ».

woh ! arrête/arrêtez ! pr. [wo :].

wuiho ! à droite !

V

vedig n.m fauvette, v. jegig.

yein adj. froid ; douar yein terre froide.

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