

Profitant de belles journées ensoleillées, septembre se laisse glisser lentement vers la Saint-Michel. Les feuillages jaunissent avant que le brun de l’automne ne vienne mettre fin à ce qui rappelle la lumière de l’été. Dans la lande, la bruyère garde encore ici ou là quelques tâches rosées. Les chaumes libérés de leur paille, fleurissent à nouveau. Sur les pommiers, autour des parcelles, les fruits semblent sortir du feuillage pour mieux retenir le soleil. Sur les talus, les chênes ne connaissent pas la couleur jaune. Leur feuillage terni par le soleil de l’été va brunir lentement. Il faudra attendre décembre pour que ces chênes acceptent de se dégarnir. Le blé noir est sur le point d’être récolté. Tandis que ses épis sont gris, les tiges deviennent roses, jaunes, verts clairs, et violacés, un peu comme les couleurs de l’arc en ciel. Quel dommage qu’il soit désormais absent de nos paysages. Le moment est venu de récolter la pomme de terre, le soleil accompagnera précieusement son arrachage.


L’été s’achève. L’automne avance sur « la pointe des pieds ». Les deux saisons se chevauchent. La zone cultivée, la lande, la prairie, les friches, chacune à sa façon cherche à profiter à la fois du soleil tiède et de la fraicheur des nuits. Dans les parcelles cultivées, alors que la moisson est terminée, les chaumes sont en fleurs : pensées sauvages, camomilles et ravenelles sont en fête. Dans la lande, la bruyère a perdu son rouge carmin de l’été. Le coupeur d’ajonc est de retour, profitant de la brume du matin, il peut sous son sabot enrouler les mottes de litière. Une parcelle de blé noir profite du soleil de l’après-midi pour finir de murir. La prairie, après avoir donné son foin offre aux vaches son herbe. Le lavoir encore tiède, offre aux femmes le temps d’une dernière grande lessive. C’est l’été indien. Place à l’automne.


Le matin, l’automne s’est présenté avec ses rosées fraiches. L’après-midi, c’est l’été qui retrouve sa place. Il faut faire la moisson noire, récolter le Sarrazin. Les gerbes sur pied, présentent les épis au soleil de l’après-midi. Demain, le blé noir rejoindra l’aire à battre où il libérera son grain. Dans la lande, les bouleaux palissent tout en gardant leur petite feuille. A leur pied, la bruyère, brulée par le soleil de l’été a perdu son rouge carmin. Les haies de prunelier offrent leurs baies et les ronces en font autant avec leurs mûres. Les prairies, profitant de la fraicheur de la nuit retrouvent un peu d’herbe tendre que les vaches apprécieront. Dans les parcelles qui ont abandonné seigle et avoine place au pensées sauvages, camomilles, et ravenelles. A sa façon chaque élément de ce petit territoire quitte l’été, retrouve l’automne tout en contribuant à l’harmonie de l’ensemble.


Discrètement, septembre a quitté les dernières journées tièdes de l’été. Octobre, s’est contenté d’afficher ses belles couleurs de l’automne. Novembre, appelé aussi « miz du », ou « kalan gouianv » s’est imposé franchement avec ses brumes, pluies et vent. Le matin, le soleil est timide et les après-midi très courtes. C’est l’hiver qui s’impose. Dans les champs, les parcelles se reposent. Dans les friches et landes c’est l’heure de la litière, fougères, bruyère ajonc, feuilles mortes. Comme la sève est descendue, c’est le moment des fagots. Les villages retrouvent leurs activités de saison. Il faut broyer les pommes, faire marcher les pressoirs et rincer les tonneaux. Du matin au soir il faut nourrir le feu dans les habitations. Dans les étables et remises, il faut broyer l’ajonc, lierre et houx. Le temps ne favorise pas le pâturage. L’hiver est bien là.Miz du : mois sombrekalan gouianv : début de l’hiver
