

Dans ce village, entouré de parcelles cultivées le printemps est bien installé. Oublié le passage difficile de mars à mi-avril la sève atteint le sommet des arbres. Dans les champs le colza semé en hiver est en pleine fleurs alors que le bétail l’attendait. Les pommiers, devancés par les cerisiers en avril sont à leur tour en pleine fleurs. Dans le « lioh » poulains et juments se régalent. Les haies chantent alors que le chêne se réveille à sont tour, et affiche ses grappes de chatons ambrés. Le potager n’est pas en reste, le semis de pommes de terre nouvelles ne craint plus la gelée blanche.Lioh : enclos, planté de pommiers


Autrefois le vendredi Saint se devait d’être un jour maigre sans être chômé véritablement. Par tradition, c’était le moment choisi pour mettre en terre la semence qui donnera fin juin de délicieuses petites pommes de terre nouvelles. Les petits pois semés au même moment seront également au rendez-vous. Nous sommes mi-avril, le printemps est bien là alors que les chênes et les pommiers poursuivent leur sommeil. Les cerisiers illuminent de leurs fleurs blanches le potager tout entier. Les primevères, le long des talus forment un ruban jaune. Les pâquerettes ne sont pas en reste alors que dans les haies l’aubépine blanche semble chanter avec les pinsons. Les deux ruches, sagement sont déjà au travail. Un jour maigre oui, mais avant tout, un jour de printemps, un jour de fête. Le cheval a été invité à partager ce moment avec sa charrue, il apportera sa contribution, le sillon est si modeste qu’il ne connaîtra pas la fatigue.


Début avril, le printemps est bien là.
Les haies sont blanches, les pâquerettes ont envahi les enclos, les talus ont retrouvé leurs primevères, les arbres commencent à fleurir.
Le moment est donc venu de replacer les ruches, au soleil, à l'abri du vent, éloignées des sentiers et chemins trop fréquentés. Le miel- dans bien des cas, constituait une réelle production- par sa vente bien sûr mais aussi par les utilisations multiples qui pouvaient en être faites.


Dans chaque ferme, la production fruitière s'accompagnait de quelques ruches.
Au-delà de l'utilité en période des floraisons, les abeilles pouvaient apporter une réelle production de miel qui serait vendue ou consommée.
Dès le mois de juin, les abeilles se démultipliaient et partaient à la recherche d'un « logement », le creux d'un vieux chêne bien souvent. En cette saison, les gens avaient beaucoup à faire dans les champs aussi la surveillance des ruches s'imposait. Elle revenait aux enfants ou aux « vieux ».
Le problème n'était pas d'empêcher le départ des abeilles mais celui de le suivre. L'usage voulait en effet que le premier à découvrir un essaim d'abeilles en devenait le propriétaire. Il lui suffisait pour cela de faire une marque ou un nœud dans une branche qui l'attesterait.
Les litiges n'étaient pas rares!
Quand les abeilles se préparaient au départ, chacun se mettait à battre les casseroles, certains affirmant que les abeilles étaient sensibles à cette musique. C'était en tout cas un moyen d'appeler du renfort, lequel serait bien utile!


Le printemps arrive, cerisiers et pruniers sont en fleurs, le moment est venu de mettre le jardin en route.Nous sommes ici dans le domaine de la femme. Mais le mari est bien utile pour fermer le sillon en traînant ses sabots à fond plat.Le travail à la bêche est aussi, bien entendu, à sa charge.Enfin, la fourniture à volonté du meilleur fumier fait partie du contrat.A proximité du potager, les abeilles sont en place.Dans les champs le colza est en fleurs.


Un potager situé plein sud, laissant un large passage devant la maison d'habitation, constituait une disposition intéressante mais toujours possible.
L'ensoleillement favorisait les premiers légumes de printemps. En été, les fleurs soulignaient et mettaient en valeur le domaine de la maîtresse de maison. Face à cette maison, la surveillance était aisée car les poules, en liberté, ne rataient pas une occasion de visiter le jardin... Contre le four à pain, un coin encore mieux abrité était réservé aux ruches et choux fourragers, transplantés après l'hiver en vue de reproduire des graines pour l'année suivante. Cet endroit privilégié appartenait aussi aux primevères ainsi qu'au rouge-gorge.
Un peu de grillage en façade, une haie et bien souvent des fagots de bois mis serrés côte à côte, le temps de sécher, servaient de clôture. L'année suivante, la nouvelle récolte les remplacera.


Cela se passe dans les parcelles toutes proches des habitations.
C'est le domaine du grand-père et en même temps celui des enfants qui n'ont pas encore l'âge d'être avec les adultes pour les travaux dans les champs.
C'est par le jeu que le grand-père cherche à initier l'enfant. Il va lui façonner une petite charrette avec des branches de saule bien souples.
Puis à deux ils vont faire la cueillette des herbes destinées au repas des lapins. L'enfant pourra ainsi livrer sa petite récolte.
D'ailleurs, les lapins attendent debout contre le grillage le fourrage fraîchement récolté.La séance s'achèvera par une petite caresse de l'enfant sur la fourrure de ces petits animaux.
S'agissant d'une journée de printemps, la leçon de chose sera probablement complétée par une courte visite du nid de merle dans la haie toute proche.


C'est dimanche, il fait beau.
Rien ne presse, les céréales blanches, avoine, blé et seigle sont à l'abri en meule.
La batteuse peut venir ; désormais le chemin pour aller de la meule au grenier est sans risque.
Le potager est généreusement garni à cette époque de l'année : petits poix, haricots, salade, oignions, tomates…
Les pêchers sont bien garnis également mais il faudra encore attendre quelques semaines.A côté des légumes, la maîtresse de maison s'est réservée un peu de place pour ses fleurs préférées : dalias, reine-marguerite, lupins…
Face au lever du soleil, à l'abri des vents, les abeilles poursuivent leur travail.
Après le café, c'est donc la visite du potager. Comme chaque année il est question d'échanger des graines.
Quelques amis de passage s'arrêtent, se penchent sur la clôture pour mieux entrer dans la conversation.
Devant la remise, l'homme moins concerné par les fleurs continue de battre sa faux.


L'été a été favorable, la moisson se déroule bien et la lune promet une bonne semaine de temps ensoleillé.
Une trêve est donc possible en ce dimanche puisque rien ne presse.
Le jardin est en pleine floraison, dahlias et reines-marguerites sont magnifiques, aussi la visite d'une amie voisine est la bienvenue le temps d'un café. Les hommes ont organisé une partie de boules dans la cour de la ferme (Penerh), quelques bolées de cidre bouché en perspective, les dernières avant la récolte. La grand-mère aussi a souhaité être de la fête, sa chaise a été placée de telle sorte qu'en plus du soleil, elle peut participer à ce rassemblement.
Cette récréation sera de courte durée malheureusement, les porcs ne tarderont pas à réclamer bruyamment l'auge tandis que les vaches devront laisser leur lait avant de rejoindre les prés.


C'est l'été, la pleine moisson.
Les mouches, avec la chaleur, sont aussi agressives que nombreuses. Alors, par ce beau dimanche d'août, on a trouvé le temps d'installer la table à l'ombre d'un pommier.
Une manière de s'éloigner des mouches bien sûr mais aussi l'occasion de donner à ce repas du dimanche un air de fête.Une branche de châtaigner fraîchement coupée est placée contre la fenêtre, elle gardera un peu de fraîcheur dans la maison.
On prend son temps puisqu'il n'est pas question d'aller dans les champs.
L'après-midi les uns feront une longue sieste dans le grenier à foin, le temps de bien se reposer car demain sera rude. D'autres, les plus jeunes, iront prendre un bain dans l'Evel avant de retrouver les vaches après 17 heures.
Les femmes trouveront un peu de temps pour s'occuper de leur jardin de fleurs.Des voisins ou parents passeront peut-être ; le temps d'une visite rapide.


Nous sommes en Juillet!
Les journées de travail sont terriblement longues; 15 à 16 heures ne seront pas de trop quand il s'agira de mettre à profit le beau temps! Une pause même rapide après le repas de midi, une manière de mettre bout à bout l'équivalent de deux petites journées, ne sera pas de refus. Durant cette pause, certains font une courte sieste, tandis que d'autres s'occupent tout en bavardant.
Le soleil est haut dans le ciel et l'ombre d'un pommier fait très bien l'affaire. Nous sommes en pleine moisson blanche, c'est à dire la moisson d'avoine pour les chevaux, le seigle servant à la fabrication du pain noir et des bouillies et le blé à l'élaboration du pain blanc et des gâteaux.


Le four est mis en route. Il restera chaud toute la semaine - rôtis de veau et gâteaux y seront cuits, en particuliers.
Dans la remise, les tables sont levées à l'abri, car en cette période de l'année le temps n'est pas assuré. C'est la période de Pâques, les pâquerettes sont en fleurs et la pie a bien avancé son nid.
Les chaudières « Rozières » sont montées en plein air.
On y cuira le ragoût et la soupe. Un premier porc est abattu dehors, tandis que les veaux sont découpés dans une grange. Les légumes se préparent en plein air.
Une première barrique de cidre est percée, plus pour les personnes en charge des préparatifs du lundi que pour les repas de la noce à venir.
Ce chantier, ouvert le lundi, se poursuivra jusqu'au jeudi, le temps de restituer les tables, bancs et vaisselles, empruntés aux voisins, soit quatre jours de fête pour deux noces (mardi et mercredi).
