

Nous sommes en territoire non cultivé. L’heure du foin a sonné. Rien ne se passe dans la zone de la lande et des bois (pins et bouleaux). Alors que le coupeur de lande est absent, la lande est en fête, sa bruyère en pleine floraison (désormais hélas cela n’arrive plus). Les trois prairies naturelles sont à point. Au premier plan la faux est attendue. Plus haut, deux faucheurs sont à l’œuvre. La troisième proche de la lande a déjà cédé son foin, il est logé dans le grenier. Sans attendre la repousse qui sera disponible dans deux à trois semaines, cette prairie vient d’accueillir un petit troupeau. Les vaches apprécient ce moment rare, elles vont le long des talus retrouver de l’herbe à volonté ! Celle que la faux n’a pas retenue car mêlée à de la fougère et ronces. Une charrette est venue enlever les fagots d’ajonc, coupés en novembre, et qu’il faut approcher du four du village. Ce lieu si silencieux à ce moment de l’année est l’occasion de retrouver la tourterelle venue de Mauritanie.


Le printemps a fait son travail. La lande semble heureuse de sa bruyère, de ses ajoncs nains, de ses graminées, de ses fleurs multiples. La prairie voisine livre son foin que les greniers du village attendent.Une réelle complicité semble les réunir. En effet, si le bétail peut atteindre les prairies humides par les ivarc'h voen (chemins creux), les charretées de foin doivent emprunter les ornières des landes pour rejoindre le chemin creux principal conduisant au village. Ce n'est pas un hasard de voir ainsi plusieurs charretées de foin jaillir des prairies et traverser la lande. Il n'y a pas de temps à perdre : ce matin le peuplier principal a donné le signal d'un risque d'orage dans l'après-midi.


Le printemps a fait son travail. Dans la lande le couple blé-noir / bruyère est en fête. La fleur blanche du blé-noir contraste avec le rouge carmin de la bruyère alors que des millions d’abeilles se font entendre dans un bourdonnement intense. Tout proche, les prairies naturelles ont offert leur foin et déjà les vaches y trouvent fraicheur et herbe à volonté. Le lavoir d’été a repris du service, alimenté par un ruisseau. Sur le bas talus qui sépare les 2 prairies, les têtards de saules retrouvent leur feuillage léger, lumineux couleur de zinc. Dans les parcelles cultivées : Le seigle prêt à céder son grain attend la faucille. Les plants de pomme de terre sont en fleurs. Les pommiers, commencent à afficher la couleur de leurs fruits.


Le printemps s'achève. Dans la lande, la bruyère est en feu : son rouge est tantôt rosé, tantôt violacé, parfois grenat. L'ajonc a abandonné son jaune d'or, laissant paraître à la fois ses pousses nouvelles et ses gousses chargées de graines.Au premier plan, la prairie offre son foin teinté de taches roses et brunes auxquelles se mêlent des marguerites blanches. Elle atteint la hauteur des talus. Elle attend la faux.Dans la lande, deux parcelles issues du défrichement ont été semées. Le blé noir en pleine floraison se laisse envelopper par le bourdonnement des abeilles. Les rutabagas, alors que les feuilles n'ont pas encore recouvert le sol, demande le passage de la bineuse. Entre chaque racine, la houe complète le travail du cheval.Parmi les pins maritimes, la molinie laisse paraître ses fines tiges lumineuses.
