LA PLACE DE L'ENFANT

Avec les adultes

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L'arrachage des pommes de terre
L'arrachage des pommes de terre

Fin septembre est proche, finies les longues journées de juillet-août, mais le ciel est agréable et c'est le moment de sortir les pommes de terres. Il s'agit de la dernière « corvée » où les enfants seront sollicités avant la rentrée du premier Octobre.Ceux de 10-12 ans étaient placés en tandem avec un adulte. Les pieds nus, ils cueillaient les pommes de terre apparentes sur le sillon fraîchement ouvert. Les plus grosses restaient sur le sol le temps de sécher au soleil et les petites destinées aux porcs, placés dans un panier.Pendant ce temps, l'adulte aidé d'une houe prenait en charge celles encore couvertes de terre. Le cheval devait donc chômer le temps de dégager les pommes de terre. Il s'ennuyait, aussi l'un des enfants le prenait en charge: avec une branche de chêne, il chassait les mouches toujours agressives et avec un bâton pointu, faisant office de longue fourchette, il offrait au cheval les pommes que celui-ci appréciait. Tard dans la journée bien souvent, il fallait vider le tombereau et placer les pommes de terre à l'abri, dans une remise. La poussière de terre desséchée était importante aussi nous redoutions cette corvée.Et puis, il était fortement question de rentrée scolaire- alors adieu les belles journée dans les prés et les champs.

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La récolte du lierre et du houx
Huile sur toile
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La récolte du lierre et du houx
La récolte du lierre et du houx
La récolte du lierre et du houx

Février est là et l'hiver a été rude.Dans le grenier il reste un peu de foin pour le cheval, le tas de racines (betteraves et navets) est très réduit.Dans les friches, l'herbe nouvelle c'est pour la fin du mois de mars.Un seul recours pour le bétail ; l'ajonc, le lierre et le houx.Les enfants particulièrement lestes étaient réquisitionnés le jeudi après-midi. Ils grimpaient sur les chênes et faisaient tomber à terre le lierre tandis que les adultes dépouillaient le houx avec la serpe.A la ferme, à la serpe, le bois était séparé du feuillage lequel était broyé à l'aide du coupe lande.La ration idéale était obtenue par le mélange ajonc plus lierre plus houx.

La récolte de la graine de trèfle
Huile sur toile
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La récolte de la graine de trèfle
La récolte de la graine de trèfle
La récolte de la graine de trèfle

Une graine précieuse qu'il faudra semer en septembre derrière la moisson.

Il s'agit d'un trèfle Incarnat dit rouge destiné principalement au cheval.

Un travail de l'après-midi, au mois d'août, à la chaleur afin que l'épi se détache naturellement de la tige.

Un travail à la portée des enfants et des "vieux".

Hélas un peu monotone, un avantage cependant les participants très groupés faisaient la conversation qui profitait beaucoup aux enfants rarement mêlés ainsi aux adultes.

L'obligation de travailler sous le soleil de l'après-midi présentait des risques aussi il était naturel de se mettre à l'ombre des pommiers le temps de boire une goulée de cidre.

Le planteur de choux
Huile sur toile
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Le planteur de choux
Le planteur de choux
Le planteur de choux

Il s'agit de choux à vaches.

Ce travail s'effectuait en parallèle avec les foins. Suivant le temps, on allait à la prairie ou au champ. Les vaches accompagnaient les gens afin de brouter l'herbe avant de répandre le fumier puis de retourner fraîchement la terre.

Les plantes provenaient d'un semis -les racines faisant l'objet d'une préparation minutieuse, souvent trempées dans une bouillie à base de bouses de vaches. Il était naturel qu'un travail aussi délicat soit confié au « pépé » qui s'installait tranquillement à l'ombre d'un pommier. Nous les enfants, nous avions notre part dans cette corvée! Les pieds nus, nous faisions la navette entre le « pépé » et le piqueur. Ce n'était pas un travail qui attirait beaucoup de monde, à l'inverse du foin...

Le binage de printemps
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Le binage de printemps
Le binage de printemps
Le binage de printemps

Dans les années 50, il n'était pas encore question de faire appel aux désherbants. Ainsi, dès les premières chaleurs, les semis de choux, de betteraves et de pommes de terre devaient être régulièrement visités.

Une petite bineuse à six dents était tirée par un cheval expérimenté. Un enfant lui tenait la bride, et assurait la manœuvre délicate du retour en bout de parcelle.

La tâche était fatigante car le cheval imposait son pas. Pour se protéger les orteils, rien de mieux qu'une bonne paire de sabots de bois !

Derrière ce travail mécanique, il fallait, à la main, arracher les mauvaises herbes restées dans la rangée entre chaque plant.Comme le binage devait être exécuté par beau temps, toutes les personnes valides pouvaient y participer. Les plus vieux se mettaient à genoux.

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La vache au taureau
Huile sur toile
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50 x 60
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La vache au taureau
La vache au taureau
La vache au taureau

Un paysage à la frontière de deux villages, là où les parcelles se rencontrent.Une zone en creux, là où les prairies accompagnent doucement le petit ruisseau qui vient de naître au flanc d'une colline encore en friche.De part et d'autre de ces prairies, la lande commune où chacun vient récolter sa quote part d'ajonc et de bruyère.Le taureau habite le village voisin. La vache se déplace. Comme elle est en chaleur, il faut la tenir fermement pour éviter de la perdre en cours de route.L'enfant l'accompagne avec son bâton, prêt à intervenir. C'est une belle occasion pour lui d'aller à la découverte de ce village hors frontière. Le retour sera plus calme.La vache satisfaite était capable de rentrer seule à son étable. C'est là que l'enfant retrouvait son rôle de "bugu" alors que son père pourrait être retenu par son collègue, le temps d'échanger quelques nouvelles au bout d'une barrique de cidre.

La rentrée des foins
Huile sur toile
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La rentrée des foins
La rentrée des foins
La rentrée des foins

Le soleil a bien fait son travail mais déjà l'orage menace, aussi il faut faire vite en ce début d'après-midi.Tout ce qui ne pourra pas être enlevé sera mis en petits tas capables de résister à une averse éventuelle.Demain, dès la rosée évaporée, les tas seront "démontés" et après quelques heures au soleil, ils pourront à leur tour rejoindre le grenier.Les vacances sont si proches qu'il n'est pas interdit de retenir les enfants à la maison pour le coup de mains dans les prairies. Ils ne s'en plaignaient pas loin de là.Une exception cependant, pour ceux qui préparaient les épreuves du certificat d'étude.

La derniere charretée de foin
Huile sur toile
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La derniere charretée de foin
La derniere charretée de foin
La derniere charretée de foin

D'un moment à l'autre, la prairie allait être libérée, la récolte mise enfin à l'abri.Tout le monde souhaitait participer à ce final avec sa fourche en bois, son râteau ou tout simplement avec ses mains, il fallait être là. Dès le lendemain, les vaches étaient à leur tour autorisées, le temps de brouter l'herbe que la faux avait bien voulu laisser à la périphérie de la prairie. Pour les enfants, la prairie était un lieu magique. A l'inverse du champs qui demandait en permanence des travaux, nous avions la responsabilité de garder les vaches et le temps libre pour les jeux n'était pas négligeable. La saison faisait que nous étions bien souvent les pieds nus.

À la châtaigneraie
Huile sur toile
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À la châtaigneraie
À la châtaigneraie
À la châtaigneraie

L'automne est bien installé. C'est le moment choisi par le cerisier sauvage pour prendre son habit rouge cramoisi. Il nous indique la fin d'octobre. Dans moins d'une semaine, il aura cessé de se distinguer, pour s'évanouir dans les bras du chêne voisin. Sur les talus, le houx profite de cette lumière tiède pour exposer ses baies, déjà rouges pâles. Le talus planté réunit la friche d'un côté et la prairie de l'autre. Un micro-climat idéal pour les cèpes. Les bogues encore fixées aux branches s'ouvrent par les belles après-midi. A la nuit, avec la fraîcheur, elles tombent et libèrent leurs fruits. Il faudra les ramasser avant que novembre arrive avec ses brumes. Ces châtaigniers à la tête ronde ont été greffés.

Ils produisent de grosses châtaignes que le citadin appréciera. Les paysans se contentent des châtaignes sauvages, plus petites, mais délicieuses.

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La récolte de la litière
Huile sur toile
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La récolte de la litière
La récolte de la litière
La récolte de la litière

Cela se passe loin du village à la lisière d'un bois, un lieu silencieux car rarement visité, sinon par le geai et le pic vert qui se font entendre.Une fois l'an après la chute des feuilles la récolte de la litière avait lieu.Munies de râteaux les femmes rassemblaient les feuilles mortes mêlées à la fougère sèche.Les hommes plus robustes, à l'aide de fourches approchaient cette litière du tombereauUn enfant ou deux dans ce même tombereau tassait le tout en surveillant et rassurant le cheval qui devait patienter.

La mise en gerbe du seigle
Huile sur toile
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La mise en gerbe du seigle
La mise en gerbe du seigle
La mise en gerbe du seigle

Le seigle après la coupe devait finir de sécher sa paille au soleil.Bien souvent les mauvaises herbes en général et l'oseille en particulier encombraient la paille avec le risque de chauffer dès sa mise en meule dans l'aire à battre.Le repas de midi terminé, pas question de sieste mais une pause à l'ombre d'un pommier, le temps de confectionner à l'avance les liens qui permettront de faire les gerbes.Les enfants plaçaient ces liens alors que les femmes rassemblaient par brassées la paille qui allait constituer les gerbes.Mon père ensuite, avec son "broche" nouait le lien bien serré autour de la gerbe.En fin de journée les gerbes étaient levées et mises en petit tas en attendant le moment de les approcher pour les mettre en meule dans l'aire à battre.Cette dernière étape demandait un temps bien sec afin de s'assurer que la meule ne se mettrait pas à "fumer" le matin.

Le graissage de l'essieu
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Le graissage de l'essieu
Le graissage de l'essieu
Le graissage de l'essieu

Un grand moment pour un enfant de voir ainsi la charrette sur une seule jambe!

Mon père, seul, à l'aide d'un levier dédié à cette intervention, était en mesure de faire ce travail, ce qui nous impressionnait encore plus!

Avec mes camarades, nous avions l'habitude d'imiter les grands et bien souvent, nous mettions sur le côté une brouette, le temps à notre tour, de graisser la grande roue! Durant la manœuvre, je devais tenir le pot à graisse, c'était aisé et cela donnait l'occasion d'être complètement dans l'action! Dès que la roue reprenait sa place sur l'essieu, mon père la lançait pour la faire tourner très vite dans le vide.

Le grand-père tient sa place habituelle, donnant la main aux plus petits, tout en donnant les explications utiles.Le cheval à la fenêtre paraît s'intéresser. Après tout,il s'agit de sa charrette et désormais, elle sera plus souple à tirer.

La pause pendant la moisson
Huile sur toile
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La pause pendant la moisson
La pause pendant la moisson
La pause pendant la moisson

Nous sommes en Juillet!

Les journées de travail sont terriblement longues; 15 à 16 heures ne seront pas de trop quand il s'agira de mettre à profit le beau temps! Une pause même rapide après le repas de midi, une manière de mettre bout à bout l'équivalent de deux petites journées, ne sera pas de refus. Durant cette pause, certains font une courte sieste, tandis que d'autres s'occupent tout en bavardant.

Le soleil est haut dans le ciel et l'ombre d'un pommier fait très bien l'affaire. Nous sommes en pleine moisson blanche, c'est à dire la moisson d'avoine pour les chevaux, le seigle servant à la fabrication du pain noir et des bouillies et le blé à l'élaboration du pain blanc et des gâteaux.

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Fin juin
Huile sur toile
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Fin juin
Fin juin
Fin juin

C’est l’été. A midi, le soleil au plus haut, dépasse la cime des arbres. Dans les parcelles cultivées, semis et binages s’imposent. Dans les landes et bois, l’activité absente, reprendra en automne. Dans les prairies naturelles, l’heure du foin a sonné. Les grillons et fleurs (marguerites, bouton d’or, cardamine, oseille sauvage) attendent la faux. La séquence du foin peut se dérouler. Nul besoin de consulter la météo : il suffit de rester « connecté » avec les peupliers, nuages, oiseaux, crapauds, fourmis et abeilles pour comprendre qu’une période de 5 à 6 journées favorables s’est annoncée. Le premier jours, dès 6 heures les hommes arriveront, la faux sur l’épaule. Un peu avant midi, à leur tour les femmes se présenteront avec fourches en bois et râteaux. Elles étaleront le foin fraîchement coupé. Le second jour les femmes reviendront remuer le foin, profitant du soleil. Le troisième jour, les fourches reviendront le matin afin que dans l’après-midi, les charrettes et les râteaux viendront terminer la séquence. Le foin sera devant les greniers. Pendant ce temps, sur les sentiers de l’école les enfants auront découvert les premières cerises. Les grandes vacances sont dans toutes les têtes.

Crêpes au feu de bois d’ajonc
Huile sur toile
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Crêpes au feu de bois d’ajonc
Crêpes au feu de bois d’ajonc
Crêpes au feu de bois d’ajonc

Le fagot de bois d’ajonc était très réputé. Les boulangers en achetaient régulièrement. De même, la Compagnie des Indes, chaque année lançait un appel d’offre pour des milliers de petits fagots d’ajonc destinés aux bateaux au long cours. Dans les landes chacun pouvait distinguer cet ajonc dépassant les deux mètres de haut et souvent âgé de plus de dix ans. Seuls les renards pouvaient pénétrer ces endroits. Ce bois était très justement appelé « Lann-gor », le verbe « gorei » en breton voulant dire nourrir le feu du four. Mon père, locataire, n’était pas autorisé à commercialiser les fagots de bois d’ajonc. Cependant pour les besoins de la famille il était naturel de faire chaque année quelques fagots que l’on mettait précieusement d’un côté en vue du feu à crêpes. En effet, conduire deux feux à crêpes demandait une expérience indiscutable. C’est là que le fagot d’ajonc apportait une aide précieuse. Dans la toile, ma grand-mère se charge de couper et fendre ce bois bien sec.

Le filaj Veillée d'hiver
Huile sur toile
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60 x 50
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Le filaj Veillée d'hiver
Le filaj Veillée d'hiver
Le filaj Veillée d'hiver

Les grands travaux sont terminés, les nuits sont longues, on peut prolonger la journée autour de la cheminée qui apporte lumière et chaleur.

Au menu : petits travaux, causeries, du cidre chaud, des châtaignes grillées. Le grand-père se charge de conduire le feu. La grand-mère est couchée. Mais si ses yeux sont clos, il y a bien des chances que ses oreilles soient bien ouvertes, prêtes à ramasser les bonnes histoires qui ne manqueront pas de tomber.

Si les voisins sont invités, la fête prendra le pas sur les travaux.

L'électricité d'abord, la cuisinière "Rosières" ensuite, le gaz enfin, vont avoir raison de la cheminée.

Quelques années plus tard, c'est la "télé" qui occupera la place, fête en moins.

L'heure du repas des bêtes
Huile sur toile
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60 x 50
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L'heure du repas des bêtes
L'heure du repas des bêtes
L'heure du repas des bêtes

En hiver, autour des 16 heures, il faut nourrir le bétail.Pour les vaches, un peu de foin complété de lierre et de houx hachés avec le coupe-ajonc. Le cheval, en attendant une ration de bon foin pour passer la nuit, recevra quelques betteraves arrosées d'eau chaude, le tout complété d'avoine noire.Les porcs sont de loin les plus exigeants. Pommes de terre et betteraves encore chaudes seront écrasées. On y ajoutera un peu de petit lait, l'eau grasse issue de la vaisselle, et du son. Celui destiné à être abattu pour le charnier familial recevra une ration plus riche en pommes de terre et céréales.les vaches ne réclament guère leur repas, le cheval tout au plus manifestera son impatience en frappant son sabot.A l'inverse, les porcs lâchent des cris effrayants. Bien souvent, depuis les champs, nous entendions ceux des villages voisins réclamer leur repas. C'était un bon repère pour connaître l'heure et la direction des vents.

La brouette de colza
Huile sur toile
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60 x 50
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La brouette de colza
La brouette de colza
La brouette de colza

Cela se passait à la mi-avril.

En effet le colza coïncidait avec le printemps, c'était une belle période- les vacances de pâques, les beaux jours et puis surtout les nids. Pour les enfants, tirer sur une brouette pilotée par un grand était un jeu car c'était l'occasion de s'identifier au cheval (à défaut de tracteur). Ce jeu prenait encore plus d'importance si c'était une grand-mère qui tenait les bras car l'enfant tirait véritablement. C'était donc à la fois un jeu et un travail sérieux- si sérieux même que la grand-mère commandait son « cheval » dans les termes utilisés par les grands et du coup l'enfant prenait le nom du cheval. Bien souvent, ce travail de l'enfant était « payé » d'avance, c'est à dire qu'à l'aller il prenait place dans la brouette ce qui n'était pas désagréable.

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