ESPACES ET CIRCULATION

Chevaux au quotidien

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Huile sur toile
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352
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60 x 50
CM
Après la moisson
Après la moisson

Jusqu’en 1950, en Morbihan, la pratique de la polyculture-élevage se traduisait par un partage des zones cultivées en parcelles qui vivaient avec l’assolement. A partir de la mi-juillet la « moisson blanche » libérait les parcelles de seigle, orge, avoine et blé. Dans le même temps, choux, betteraves, trèfle violet, et pommes de terre poursuivent leur chemin pour des récoltes en automne / hiver. Entre les parcelles dîtes de paille, et celles fourragères le contraste était saisissant, par la couleur verte s’opposant au jaune. Comme les désherbants n’étaient pas utilisés, derrière cette moisson, un second printemps s’installait en attendant les labours de novembre. Ainsi les parcelles en question fleurissaient de pensées sauvages, camomilles et ravenelles en particuliers. C’était le printemps de la St Michel qui portait bien son nom. De nos jours, les chaumes sont défoncés dès la récolte, et si le printemps de la St Michel continue dans les calendriers, c’est sans son contenu.

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La derniere charretée de foin
Huile sur toile
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43
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60 x 50
CM
La derniere charretée de foin
La derniere charretée de foin
La derniere charretée de foin

D'un moment à l'autre, la prairie allait être libérée, la récolte mise enfin à l'abri.Tout le monde souhaitait participer à ce final avec sa fourche en bois, son râteau ou tout simplement avec ses mains, il fallait être là. Dès le lendemain, les vaches étaient à leur tour autorisées, le temps de brouter l'herbe que la faux avait bien voulu laisser à la périphérie de la prairie. Pour les enfants, la prairie était un lieu magique. A l'inverse du champs qui demandait en permanence des travaux, nous avions la responsabilité de garder les vaches et le temps libre pour les jeux n'était pas négligeable. La saison faisait que nous étions bien souvent les pieds nus.

Le dernier coup de faucheuse
Huile sur toile
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32
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60 x 50
CM
Le dernier coup de faucheuse
Le dernier coup de faucheuse
Le dernier coup de faucheuse

Il était courant qu'un champ de seigle abrite une nichée de lièvres.

Le bruit de la faucheuse, la présence des gens placés tout autour de la parcelle faisaient que la famille demeurait encerclée jusqu'à l'ultime coup de faucheuse.A cet instant précis, chacun faisait son possible pour assommer le lièvre.

Ce n'était pas chose facile !

Nos chiens à vaches n'étaient pas toujours plus heureux.

Et pourtant, nous étions rapidement consolés puisque le travail venait de s'achever.

Les enfants âgés de dix ans fournissaient un travail effectif.

En effet, il y avait toujours un côté de la parcelle où la paille était moins haute, ce qui donnait des gerbes plus petites.

La toilette des prairies
Huile sur toile
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24
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50 x 60
CM
La toilette des prairies
La toilette des prairies
La toilette des prairies

Cela se passait à la fin de l'hiver.

Le travail: D'abord balayer la prairie, du centre vers les talus. Les talus eux-mêmes étaient peignés et le tout rassemblé dans de gros tas de feuilles mortes. elles serviront de litière et parfois pour enrichir les pépinières.

Au passage les haies sont taillées et arrangées. ensuite la prairies était peignée par le passage d'un paquet d'aubépines par un cheval. Cela émiettait le fumier tout en rafraîchissant la croûte du sol. Enfin, les ruisseaux était retaillés à l'aide du grand couteau ordinairement réservé à la découpe de la motte dans le pressoir. Éventuellement, les clôtures étaient « révisées ». Désormais, seul le printemps aura le droit d'entrer dans la prairie. Et ceci jusqu'à la récolte de foin qu'il faudra faire vers la Saint Jean.

L'homme aux champignons
Huile sur toile
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13
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60 x 50
CM
L'homme aux champignons
L'homme aux champignons
L'homme aux champignons

Avec le remembrement des parcelles et la démolition des talus, les champignons n'apparaissent plus guère en dehors des forêts.

Jusque vers les années 1950, les plus beaux cèpes, les plus fermes étaient précisément ceux qui jaillissaient le long des talus plantés de chênes, autour des champs et prairies.

Fin septembre, quand les champignons apparaissent, c'était toujours de manière soudaine.

Et il y avait toujours un paysan, levé plus tôt que les autres, qui avait le bonheur de faire cette merveilleuse rencontre.

Comme il était surpris lui-même, il ne lui restait plus qu'à prendre sa veste en guise de panier et, très religieusement, cueillir un par un ces fruits miraculeux.

De nos jours, il faudrait parler de chasse aux champignons plutôt que de cueillette.

La brouette de colza
Huile sur toile
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11
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60 x 50
CM
La brouette de colza
La brouette de colza
La brouette de colza

Cela se passait à la mi-avril.

En effet le colza coïncidait avec le printemps, c'était une belle période- les vacances de pâques, les beaux jours et puis surtout les nids. Pour les enfants, tirer sur une brouette pilotée par un grand était un jeu car c'était l'occasion de s'identifier au cheval (à défaut de tracteur). Ce jeu prenait encore plus d'importance si c'était une grand-mère qui tenait les bras car l'enfant tirait véritablement. C'était donc à la fois un jeu et un travail sérieux- si sérieux même que la grand-mère commandait son « cheval » dans les termes utilisés par les grands et du coup l'enfant prenait le nom du cheval. Bien souvent, ce travail de l'enfant était « payé » d'avance, c'est à dire qu'à l'aller il prenait place dans la brouette ce qui n'était pas désagréable.

La charrette tombée
Huile sur toile
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8
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60 x 50
CM
La charrette tombée
La charrette tombée
La charrette tombée

Autrefois, l'exploitation reposait sur trois éléments principaux : le mari, son épouse, le cheval. Le cheval assurait les transports, les labours et occasionnellement les petits voyages.

En réalité, le cheval constituait un capital allant bien au-delà des services qu'il rendait.

Il était associé à la famille, aux adultes, aux enfants. Il avait un nom, un "habit" pour les grandes sorties. Il recevait des soins particuliers de quoi rendre jalouses bien des vaches...

Ce qui comptait aussi, c'était son attachement au terrain. S'il reconnaissait les siens, il reconnaissait aussi ses terres, ses champs, ses chemins, les montées, les descentes...

Il était un véritable capital. Aussi, sa perte était une catastrophe. En dehors de la maladie, ce qu'il fallait redouter le plus c'était l'accident. Une charrette retournée pouvait entraîner des fractures aux jambes et seul le boucher pourrait alors tirer quelque chose de la bête.

Il pouvait y laisser aussi sa confiance. Il serait alors un cheval "sali" car peureux.Dans le tableau, le mari rassure son cheval en attendant les secours et bientôt il sera à nouveau sur ses jambes.

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La faucheuse dans la prairie
Huile sur toile
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303
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50 x 60
CM
La faucheuse dans la prairie
La faucheuse dans la prairie
La faucheuse dans la prairie

C'est après la première guerre mondiale que la faucheuse a fait son apparition dans le bocage breton.Elle fut appréciée pour la moisson de la paille et la coupe du foin dans les prairies peu humides en dehors des versants pentus.Deux chevaux s'imposaient pour la tracter car la lame se dégradait rapidement avec la présence de la terre rejetée par les taupes.Dans le même temps la faux traditionnelle continuait à tenir sa place pour les bordures et zones avec ruisseaux.Dès le passage de la machine, les femmes, avec leurs fourches en bois éparpillaient l'herbe coupée afin qu'elle sèche au soleil.Dans la lande voisine, la bruyère commence à rougir alors que le blé noir est en pleine fleuraison pour le bonheur des abeilles.Dans les sous-bois où l'on distingue le bleuté des jacinthes, quelques troncs de hêtres abattus en novembre attendent la venue des charretiers qui les approcheront des sabotiers et scieries.

L'arrivée de la batteuse
Huile sur toile
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78
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60 x 50
CM
L'arrivée de la batteuse
L'arrivée de la batteuse
L'arrivée de la batteuse

Quel évènement pour un village que de recevoir cette machine monstrueuse ! Trois chevaux suffisaient à peine pour tirer une telle masse. L'équipage n'était pas composé au hasard ; à d'autres occasions, ces chevaux avaient déjà été associés. Le moteur était tiré par un seul cheval mais pas n'importe lequel. Dans tous les cas, le propriétaire tenait fermement son cheval tandis que le "mécanicien" responsable de sa machine avait l'oeil sur l'opération.Mais quelle entrée en matière pour une fête qui allait durer quelques jours ! C'était la perspective de mettre enfin le grain à l'abri dans le grenier. C'était l'arrivée des amis apportant leur solidarité. C'était l'occasion d'avaler un peu de poussière, c'est vrai aussi ; mais ce qui comptait le plus, c'était le bon ragoût. Et puis le soir, le travail terminé, la fatigue oubliée, place aux chansons et aux danses !

L'arrachage des pommes de terre
Huile sur toile
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68
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50 x 60
CM
L'arrachage des pommes de terre
L'arrachage des pommes de terre
L'arrachage des pommes de terre

Fin septembre est proche, finies les longues journées de juillet-août, mais le ciel est agréable et c'est le moment de sortir les pommes de terres. Il s'agit de la dernière « corvée » où les enfants seront sollicités avant la rentrée du premier Octobre.Ceux de 10-12 ans étaient placés en tandem avec un adulte. Les pieds nus, ils cueillaient les pommes de terre apparentes sur le sillon fraîchement ouvert. Les plus grosses restaient sur le sol le temps de sécher au soleil et les petites destinées aux porcs, placés dans un panier.Pendant ce temps, l'adulte aidé d'une houe prenait en charge celles encore couvertes de terre. Le cheval devait donc chômer le temps de dégager les pommes de terre. Il s'ennuyait, aussi l'un des enfants le prenait en charge: avec une branche de chêne, il chassait les mouches toujours agressives et avec un bâton pointu, faisant office de longue fourchette, il offrait au cheval les pommes que celui-ci appréciait. Tard dans la journée bien souvent, il fallait vider le tombereau et placer les pommes de terre à l'abri, dans une remise. La poussière de terre desséchée était importante aussi nous redoutions cette corvée.Et puis, il était fortement question de rentrée scolaire- alors adieu les belles journée dans les prés et les champs.

Le feu à Lambézégan
Huile sur toile
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97
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50 x 60
CM
Le feu à Lambézégan
Le feu à Lambézégan
Le feu à Lambézégan

Une grande tragédie.

Le chaume constituait une proie facile pour le feu, et tout incendie qui se déclarait signifiait la destruction de toute la longère.

Ce type d'accident était heureusement très rare. En cette période des foins, il fallait être plus vigilant que jamais. Les vieux, pour lesquels la prairie était trop loin, assurait la surveillance.

Le cheval a compris avant tout le monde qu'un drame se prépare. C'est à partir de la chapelle que les secours sont appelés. Ma grand-mère, sur la charretée de foin plus haute que les autres, indique la direction de l'incendie. Tous les hommes se rendent le plus rapidement possible sur les lieux avec leurs seaux à la main.

Le facteur au village
Huile sur toile
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63
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60 x 50
CM
Le facteur au village
Le facteur au village
Le facteur au village

En zone rurale, le facteur n'était pas véritablement surchargé de courrier. Quelques journaux bien sûr. Une lettre d'un fils au service militaire, souffleur de verre à Baccarat, en Beauce aux betteraves, exceptionnellement missionnaire en Afrique.Mais un facteur sans lettre n'était pas un facteur sans nouvelles... En effet, il était là aussi pour distribuer les nouvelles du bourg. Enfin pour moins que le prix d'un timbre, vous pouviez le charger d'une commission.Le véritable prix de cette communication? Un verre de cidre par beau temps- une petite place devant le feu pour quelques minutes par temps froid. Pour notre facteur, il s'agit de Mathurin Le Floch de Kergonan, mon oncle.

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