

Un dimanche après-midi de février. La nuit a été fraîche, la gelée blanche persiste à l’ombre des arbres au bord des talus. Les enfants du village connaissent bien les habitudes de l’écureuil en hiver ! Ses réserves de pignons de pin épuisées, il fera une sortie le temps de réchauffer sa fourrure et de retrouver quelques châtaignes qu’il a pu cacher au pied des arbres en octobre. En effet, le chien « à vaches » des enfants par son aboiement annonce la présence de l’écureuil au sommet des branches. La partie peut commencer, il faut devancer l’animal avant qu’il ne rejoigne son arbre dans le bois proche. De cime en cime, il vole littéralement ! D’autres enfants eux-mêmes de sortie rejoignent les lieux en courant, la fête peut commencer. La partie sera inégale, l’écureuil très rapide ne s’occupe pas des cris, aboiements, bâtons, lance-pierre ; il connaît son chemin et comme d’habitude, les enfants vont échouer. Ils seront cependant heureux d’avoir cherché, trouvé et poursuivi ... L’après-midi aura été bonne pour tous. Demain, alors que les enfants seront à l’école, l’écureuil aura tout son temps pour retrouver ses châtaignes.


Nous sommes en décembre. L’hiver s’est installé, la prairie et son lavoir sont en mode « pause ». Ce jeudi, les enfants du village sont arrivés avec leur petit troupeau pour l’après-midi. La surveillance des vaches n’est guère exigeante aussi, la présence de châtaignes donne l’occasion de se rassembler en vue d’une grillade ! Petits et grands sont occupés. Le plus grand se chargera d’allumer le feu là ou habituellement les femmes font bouillir la lessive : le trépied et la tôle coupe-vent laissés sur place feront l’affaire. Il désignera ceux qui se chargeront de trouver du bois sec. Un petit groupe chaussé de sabots de bois fera jaillir les châtaignes hors des bogues. Les petites filles, le tablier ouvert feront la navette pour approcher les châtaignes du feu. Au milieu de la lande, perchés sur un menhir couché, deux volontaires assureront la surveillance du bétail. Pendant ce temps, le coupeur d’ajonc fera ses mottes tout en observant les enfants qui ne tarderont pas à venir vers lui avec quelques châtaignes encore fumantes.


Nous sommes en zone humide.Deux prairies viennent se rejoindre sur un couple talus / ruisseau.Dans ce cas le ruisseau fait office de fossé ce qui signifie que le talus est propriété de la prairie côté ruisseau.Il s'agit d'une zone si humide qu'à tout moment on peut s'y enfoncer.Pour cette raison, l'approche se fait en passant sur le haut du talus, en hiver pour évacuer feuilles mortes et bois, en été pour approcher le foin de la charrette restant en terrain ferme.Cette pratique donnait à ce talus un profil singulier dans le paysage.De nos jours il est encore possible de retrouver cette association talus / ruisseau que les chercheurs de champignon connaissent bien.


Dans les prairies, les travaux d'hiver sont à peine terminés.Une première neige invite à se dépêcher, l'émondage des chênes est fait. Fagots et branches attendent le passage de la charrette qui les approchera des maisons.Sur le tas de feuilles mortes une brouette est présente, ce qui veut dire que les râteaux et balais n'ont pas terminé leur travail.Dès que la neige disparaîtra, en janvier cette zone humide sera disponible pour accueillir le printemps.


Cela se passait à la fin de l'hiver.
Le travail: D'abord balayer la prairie, du centre vers les talus. Les talus eux-mêmes étaient peignés et le tout rassemblé dans de gros tas de feuilles mortes. elles serviront de litière et parfois pour enrichir les pépinières.
Au passage les haies sont taillées et arrangées. ensuite la prairies était peignée par le passage d'un paquet d'aubépines par un cheval. Cela émiettait le fumier tout en rafraîchissant la croûte du sol. Enfin, les ruisseaux était retaillés à l'aide du grand couteau ordinairement réservé à la découpe de la motte dans le pressoir. Éventuellement, les clôtures étaient « révisées ». Désormais, seul le printemps aura le droit d'entrer dans la prairie. Et ceci jusqu'à la récolte de foin qu'il faudra faire vers la Saint Jean.
