

- Pluies et vents ont fait leur travail.- Les arbres ont abandonné leurs feuilles tombées au sol.- Vidées de leur sève, les fougères s'affaissent à leur tour.- Dans les friches et le long des talus la récolte de la litière peut commencer.- Le taillis de bouleaux a brusquement abandonnée son habit jaune de septembre. Les troncs laissent apparaître leur écorce blanchâtres alors que le feuillage a été remplacé par une dentelle faîte de fines branche violacées.- Désormais ce petit paysage va s'endormir jusqu'en février.


- Le soleil du mois d'août a été tiède aussi le vert des feuillages a évité de passer au gris
- Septembre va en profiter largement gardant ainsi un feuillage teinté d'un jaune pâle et fragile mais si lumineux.
- Sur les talus bordant la prairie, le chêne va profiter de cette douceur, lui qui généralement passe directement du gris d'août au brun de novembre
– a beaucoup de chance.
- Dans le taillis les bouleaux se régalent au point de laisser ben peu de place au rouge cramoisi de leurs fines branches.
- La fougère aussi est fière de son jaune alors que la menace d'octobre est proche.


Novembre a bien fait son travail.Pluies, vent et fraicheur ont dépouillé les feuillus.Dans les prairies, les femmes avec leurs balais et râteaux se chargent de retirer les feuilles mortes, fougères et ronces.- Avec la descente de la sève, les bouleaux voient leurs fines branches se teinter de carmin alors que les troncs blanchissent.- La tourbière se laisse inonder faisant apparaître ici ou là quelques îlots recouverts de mousse et de bruyère.- Les dernières feuilles jaunes se manqueront pas de tomber avec les gelées de Janvier.


C'est le début de l'hiver. Les feuilles sont tombées au sol, les fougères (flétries / fannées ?) c'est le moment de la récolte de la litière.Les labours terminés, les hommes sont disponibles pour accompagner les femmes.Bien à l'abri dans les taillis c'est un travail plutôt agréable. Rien ne presse, la conversation est possible, tout en tirant sur le râteau.Les hommes plus forts, à la fourche se chargent d'approcher les feuilles du passage de la charrette.Tout au long de l'hiver, cette litière, par couches successives dans l'étable produira le fumier qui sera utilisé au printemps.


La nuit a été froide. Dans la lande, gelée et brume ont figé le paysage. Tout est gris et blanchâtre ; arbres, ajonc, bruyère, buissons ne seront pas dérangés. Ils pourront prolonger leur sommeil toute la matinée. Les hommes et les femmes sont sous les toits des granges, remises et étables. Le travail ne manque pas dès lors que les animaux ne seront pas sortis. Dans les champs il n'est pas question de toucher au sol gelé. L'après-midi la lande retrouve un peu d'activité : Le coupeur de lande pourra passer, d'autres viendront poursuivre le façonnage des fagots, d'autres encore rassembleront au râteau la litière pour les étables. L'après-midi sera courte. Dès cinq heures il faudra laisser la lande retrouver sa brume et sa gelée nocturne pour rejoindre les animaux à nourrir, soigner et traire.


Jusqu'en 1930, le genet était semé à 2 titres.Il contribuait à régénérer la terre, tout en produisant un peu d'herbe etdu bois à fagots.Au bout de 3 ans, une fois les fagots « récoltés » il fallait arracher lessouches afin de procéder au défrichage et que la parcelle retrouve unerécolte de blé noir.Alors que les femmes pouvaient participer au façonnage des fagots,l'arrachage des souches revenait à des hommes en bonne santé !Les voisins apportaient leur concours dans le cadre d'une réciprocitérésultant de l'entraide.Ce travail sera exécuté à la sortie de l'hiver, et le défrichage suivra.Le fagot de genet était loin d'avoir une valeur négligeable. Comme ilétait très apprécié par les boulangers ou par la compagnie des Indesqui l'exigeait dans ses appels d'offre, on peut dire qu'il s'agissaitd'une récolte.


Le défrichage manuel se pratiquait régulièrement pour renouveler le "Lannec", c'est à dire les petites parcelles plantées d'ajonc pour le cheval.Exceptionnellement, le défrichage permettait de transformer une parcelle de lande en terre labourable. C'est l'objet du tableau.La présence de racines et de roches rendaient ce travail difficile.Il s'agissait forcement d'un travail collectif dit "corvée".Quelques hommes plutôt forts, mais aussi deux ou plutôt trois chevaux qui avaient déjà fait la preuve de leur capacité à coopérer dans un même attelage.La grande charrue en bois comportant un socle unique en fer existait plus ou moins dans chaque exploitation.Un homme conduisait les chevaux. Deux autres se chargeaient de tenir la charrue.D'autres hommes munis d'une lourde houe arrachaient les racines et pierres pouvant bloquer le socle.La guerre 39-45 terminée, le tracteur sera le bienvenu pour ce travail.


Défricher une lande n'était pas chose rare à Languidic. C'était pourtant un évènement car notre corvée demandait toujours l'aide des voisins et amis.Une charrue spéciale était réservée à ce travail.Elle demandait un équipage de 3 à 4 chevaux suivant les difficultés du sol. La possibilité de tirer une charrue avec une machine était donc bien une petite révolution. Durant la dernière guerre mondiale, quelques "gazogène" sont apparus pour tirer et actionner la batteuse.De là, ils furent attelés à la charrue, non sans problèmes d'ailleurs, car cette machine tirait, elle ne savait pas encore tenir et guider. Il n'était pas rare de voir trois personnes tenter de maîtriser la charrue ! Mais quel spectacle de voir une "locomotive" au milieu d'un champ ! Bien entendu, les roues étaient en fer, un peu comme un char...
