

Le bocage morbihannais d’avant 1950 demeure dans nos mémoires. Il résultait d’une construction lente remontant à l’époque médiévale.
Le chêne têtard était le cœur de ce bocage. C’est lui qui structurait le volume végétal des talus. Légué par nos ancêtres, il était un familier du quotidien du monde rural. Respecté pour sa force et sa générosité, il donnait fagots, rondins, lierres, feuilles et glands ; il abritait geais, ramiers, hiboux, écureuils et abeilles ; il protégeait les villages des vents. Le remembrement intensif des années 1950 arasera les talus avec brutalité, repoussant nos braves chênes dans d’énormes tas de bois où renards, lapins et blaireaux trouveront un refuge.
Dans cette toile, un petit village a souhaité prendre à son compte l’abattage de ses vieux chênes creux qui avaient traversé des siècles. Refusant la brutalité des Caterpillar (*) venus d’Amérique, il a fait le travail avec douceur et respect pour ses ancêtres. Ce chemin creux deviendra la route que prendra l’automobile pour apporter la modernité.
* Bulldozer américain








