

Ce poulain est né en janvier, il y a trois mois. A ce jour il n’a connu que l’écurie de sa mère. Aujourd’hui par une belle matinée d’avril, il a rendez-vous avec le « plein-air » Une fois le seuil franchi, la lumière le surprend, aussi reste-t-il collé à sa mère le temps de rejoindre le verger derrière les maisons. Alors que sa mère attend la pose de l’entrave, tout à coup il bondit, lance en l’air ses longues pattes arrières ! Il est libre ! Sans trop comprendre ce qui lui arrive. Après quelques courses désordonnées, il revient vite vers sa mère pour se rassurer. L’événement n’échappera pas à ceux qui attendaient ce jour ! Le spectacle mérite que l’on abandonne sa bèche, sa brouette, que l’on s’approche de la clôture pour mieux vivre ce numéro. Cette première sortie sera pour la jument l’occasion de brouter cette herbe tendre du printemps. L’après-midi, le poulain restera seul dans l’écurie alors que sa mère retrouvera la herse ou la charrue. La fête est finie !


- La chanson évoque les cerises et pommiers blancs !
- La réalité est bien différente.
- Le cerisier est blanc alors que le pommier est le plus souvent rose suivant la variété et la couleur de son fruit.
- La comparaison est peut aisée car le cerisier est en pleine floraison mi-avril tandis que le pommier poursuit son sommeil d'hvier !
- Ce "liorh" proche des habitations n'est pas véritablement un verger mais plutôt une petite pâture ombragée réservée à la jument et son poulain.
- La jument est entravée afin qu'elle ne franchisse pas le talus pour rejoindre le champs de trèfle voisin.
- Naturellement les ruches sont installées dans ce clos, exposées au soleil du matin, à l'abri des vents du nord/est.


Le mois d'avril s'achève et le poulain continue de téter, aussi il est naturel qu'il accompagne sa mère dans le pré.
Elle était généralement entravée afin qu'elle ne soit pas tentée de s'évader vers les champs de trèfle voisins.
Le moment est venu pour le poulain de se débarrasser de son poil de l'hiver. Cela fera l'affaire des pinsons qui vont tapisser leur nid de crin.Il frottait ses flancs contre le tronc des pommiers. Pour son dos, il devait apprendre à se rouler par terre tout en secouant ses quatre jambes dirigées vers le ciel.
La réussite n'était pas toujours immédiate !Dans le pré, les pétales abandonnées par les pommiers en fleurs viennent se mêler aux pâquerettes qui tapissent le sol.


Ce travail était amorcé début octobre- les vaches avaient préalablement brouté l'herbe, le sol tait sec, les feuilles quittaient les branches laissant apparaître les pommes.
Il fallait agir avant les premières gelées de décembre.
Un tombereau était placé bien en vue dans le champ. Le premier passage était pour le patron qui devait gauler. Les perches longues et flexibles étaient soit en châtaignier soit en bouleau. il n'était pas interdit de monter sur l'arbre et d'agiter les branches. Les enfants plus lestes pour grimper assuraient volontiers ce travail toujours spectaculaire.
Il était convenu de laisser sur l'arbre quelques pommes, une façon de rester en bon terme avec les merles et les grives qui en auront bien besoin quand le gel viendra.
Les femmes et personnes âgées se chargeaient de remplir les paniers, tandis qu'un homme plutôt solide les vidaient dans le tombereau. Les pommes n'étaient pas mélangées au hasard, au contraire le bon cidre résultait de combinaisons et dosages plus ou moins secrets.
Elles ne seront pas broyées immédiatement mais installées sur un lit de paille le temps de mûrir avant le pressoir.


Le choix du moment était déterminant.La sève est réveillée mais sa montée est tout juste amorcée. La journée est calme plutôt humide- et la lune favorable pour les jours à venir- bien entendu. Les greffons ont été retardés afin de mieux « tirer » sur le tronc nourricier. Pour cela, ils auront tété prélevés en hiver et enfoncé dans une terre exposée au Nord...Avant l'utilisation du mastic synthétique, le greffeur utilisait un mortier à base de terre argileuse laquelle était appliquée sur la tête fendue; le tout soigneusement serré dans du tissu ressemblait à un petit bébé langé à l'ancienne. Les échecs étaient peu nombreux.


Mi-avril, autour de Pâques le printemps est bien là.
- A l'abri, le long des haies et talus les primevères sont fières de leur jaune pâle.
- Le saule est recouvert de chatons argentés.
- Le matin, la rosée illumine les pâquerettes qui tapissent le "liorh".Dans le même temps sur les talus les chênes semblent poursuivre leur sommeil hivernal. En y regardant de plus près, les bourgeons sont chargés de sève.
- Dans les haies l'aubépine et le chèvre-feuille commencent à se garnir d'un feuillage encore clair.
- Le cerisier, lui n'attend personne pour afficher son printemps. Il s'impose, couvert de fleurs blanches. Il sait que ses cerises sont attendues et sa place protégée.
- Pissenlit, colza et ajonc se chargent d'afficher la couleur jaune typique de la mi-avril.
Le printemps est bien là, tant par la couleur que par le chant des oiseaux.


Cela se passe dans les parcelles toutes proches des habitations.
C'est le domaine du grand-père et en même temps celui des enfants qui n'ont pas encore l'âge d'être avec les adultes pour les travaux dans les champs.
C'est par le jeu que le grand-père cherche à initier l'enfant. Il va lui façonner une petite charrette avec des branches de saule bien souples.
Puis à deux ils vont faire la cueillette des herbes destinées au repas des lapins. L'enfant pourra ainsi livrer sa petite récolte.
D'ailleurs, les lapins attendent debout contre le grillage le fourrage fraîchement récolté.La séance s'achèvera par une petite caresse de l'enfant sur la fourrure de ces petits animaux.
S'agissant d'une journée de printemps, la leçon de chose sera probablement complétée par une courte visite du nid de merle dans la haie toute proche.


Un moment bien agréable à l'occasion des foins!
Les journées sont longues en cette époque de l'année et une pause sera la bienvenue!
Tout à côté des bâtiments de ferme, il y avait toujours un ou deux cerisiers. Les enfants grimpaient les pieds nus, coupaient les branches les plus fournies et les jetaient vers les femmes qui les attendaient le tablier ouvert.
Il restait à faire la distribution à toutes les personnes rassemblées là pour se reposer, bavarder ou battre la faux. Les voisins pouvaient participer à cette petite fête.


En zone rurale, le facteur n'était pas véritablement surchargé de courrier. Quelques journaux bien sûr. Une lettre d'un fils au service militaire, souffleur de verre à Baccarat, en Beauce aux betteraves, exceptionnellement missionnaire en Afrique.Mais un facteur sans lettre n'était pas un facteur sans nouvelles... En effet, il était là aussi pour distribuer les nouvelles du bourg. Enfin pour moins que le prix d'un timbre, vous pouviez le charger d'une commission.Le véritable prix de cette communication? Un verre de cidre par beau temps- une petite place devant le feu pour quelques minutes par temps froid. Pour notre facteur, il s'agit de Mathurin Le Floch de Kergonan, mon oncle.
