Le fagot de bois d’ajonc était très réputé. Les boulangers en achetaient régulièrement. De même, la Compagnie des Indes, chaque année lançait un appel d’offre pour des milliers de petits fagots d’ajonc destinés aux bateaux au long cours. Dans les landes chacun pouvait distinguer cet ajonc dépassant les deux mètres de haut et souvent âgé de plus de dix ans. Seuls les renards pouvaient pénétrer ces endroits. Ce bois était très justement appelé « Lann-gor », le verbe « gorei » en breton voulant dire nourrir le feu du four. Mon père, locataire, n’était pas autorisé à commercialiser les fagots de bois d’ajonc. Cependant pour les besoins de la famille il était naturel de faire chaque année quelques fagots que l’on mettait précieusement d’un côté en vue du feu à crêpes. En effet, conduire deux feux à crêpes demandait une expérience indiscutable. C’est là que le fagot d’ajonc apportait une aide précieuse. Dans la toile, ma grand-mère se charge de couper et fendre ce bois bien sec.