Dans les prairies humides
Ces prairies sont situées de part et d'autre d'un petit ruisseau, non loin de la vallée de l'Evel. Humides et en pente, elles n'ont jamais connu la faucheuse mécanique. Un beau matin de juin, autour de la Saint-Jean, vers six heures, les faucheurs sont arrivés, leur faux sur l'épaule. Le beau temps est annoncé et la rosée du matin facilitera le travail de la lame. C'est néanmoins un travail difficile ; aussi, la présence des voisins donnait à tous du courage. Vers 9 heures, le soleil est déjà haut dans les arbres et la pause s'organise. Les femmes, après leurs travaux à la maison et à l'étable, ont rejoint le chantier. Elles sont venues avec leur fourche en bois, mais plus encore avec un panier garni d'une omelette et d'une bouteille de cidre bouché. Durant ce petit repas, les prairies étaient si petites que la conversation s'organisait d'un groupe à l'autre et, avant la reprise des faux, chacun invitait l'autre à venir goûter son cidre. Les hommes reprenaient les faux jusqu'à midi, tandis que les femmes étendaient le foin avec leur fourche.
