Février et la grive musicienne
La grive musicienne est là ! Dès le lever du soleil, la poitrine gonflée, elle se fait entendre. Elle est arrivée début janvier, de retour de sa lointaine Pologne encore plongée dans le froid de l’hiver. Elle a choisi ce petit territoire, au milieu de ces flourenn où le microclimat lui convient parfaitement. Le moment venu, elle installera son nid dans les saules têtards comme chaque année. Elle est patiente. Elle chante pour mieux défendre son territoire et, par la même occasion, signifier que si le printemps est proche « une dernière neige s’annonce, il faut donc continuer à faire des fagots et couper de l’ajonc »*. En effet, si les noisetiers et saules sont recouverts de leurs chatons et que sur les talus, à l’abri, les primevères et violettes sont en fête, l’hiver est toujours là. Cet avertissement en breton est bien connu de ceux qui attendent que les flourenn offrent la première herbe de l’année.
* troc’han lann, fagodin, Erc’h a ray, gwel’t a ri (traduction de l'avertissement en breton).
