Cela se passait à la mi-avril.
En effet le colza coïncidait avec le printemps, c'était une belle période- les vacances de pâques, les beaux jours et puis surtout les nids. Pour les enfants, tirer sur une brouette pilotée par un grand était un jeu car c'était l'occasion de s'identifier au cheval (à défaut de tracteur). Ce jeu prenait encore plus d'importance si c'était une grand-mère qui tenait les bras car l'enfant tirait véritablement. C'était donc à la fois un jeu et un travail sérieux- si sérieux même que la grand-mère commandait son « cheval » dans les termes utilisés par les grands et du coup l'enfant prenait le nom du cheval. Bien souvent, ce travail de l'enfant était « payé » d'avance, c'est à dire qu'à l'aller il prenait place dans la brouette ce qui n'était pas désagréable.