Nous sommes en hiver, fin de l'hiver si possible. Les feuilles, herbes, ronces et fougères ont été ramassées au râteau et mises en tas pour les besoins de l'étable.La sève ne s'est pas encore réveillée en dehors des chatons de saule- c'est le moment d'aller sur le talus autour des champs et des prairies.
C'est à cette occasion que les haies seront remises en état. Le chêne produisait l'essentiel du bois de chauffe. La coupe avait lieu tous les douze ans environ. Les têtards encore visibles de nos jours résultaient de cette pratique. Le principal de la branche était destiné au bois de corde tandis que les rameaux étaient mis en fagots. Chaque année, mon père faisait 3 à 400 fagots.
Dans la cheminée, le bois de chauffe permettait d'obtenir très rapidement une flamme qu'il suffisait d'alimenter selon que l'on souhaitait plus ou moins fort.
Les crêpes se faisaient obligatoirement avec du bois de fagots.Après le fagot d'ajonc inégalable arrivait le fagot de chêne.
Avant d'être mis en meule près des habitations, le long des talus, le temps de perdre du poids, ils étaient placés en tas de cinq unités, la cinquième faisant le toit. Chaque maison à proximité avait son « toul coat » dans lequel prenaient place un ou deux fagots d'avance.
Ce travail autour des champs en Février me laisse de bons souvenirs:
- Notre paysage quotidien modifié et rajeuni.- Un travail qui réchauffait le corps sans le fatiguer.
- Un parfum extraordinaire, libéré par le bois fraîchement tranché par la hache.