Durant mon service militaire, vers 1930, sur le mont qui surplombe le port d'Oran en Algérie, mon père était le coiffeur du régiment!
Pourquoi une telle promotion, alors qu'il savait tout juste « coiffer » les chevaux, alors qu'il était domestique dans une ferme du Maine-et-Loire?
De retour de son service, maîtrisant les ciseaux et la tondeuse, rien de plus normal qu'il se mette au service des voisins, chaque fois qu'il fallait faire une coupe à l'occasion des mariages, décès et pardons.
Cela se passait le dimanche après-midi.En été, à l'ombre d'un pommier, c'était parfait.
En hiver, il fallait se mettre à l'abri et si possible devant une porte donnant au sud pour mieux prendre la lumière nécessaire à la conduite de la tondeuse. En guise de siège, la chaise convenait bien.
Dans mon enfance, il était question de la coupe dite « du bol ». Le bol posé sur la tête servait de guide pour les ciseaux. Avec mes frères, nous y avons donc échappé, profitant de la tondeuse mécanique de mon père.