Autrefois, tout récoltant avait un droit à distiller du cidre pour sa propre consommation : environ 20 litres de calva à 50 degrés ! Le bouilleur de crus s’installait dans le village le temps de traiter les différentes exploitations. Cela se passait à partir de novembre dès que le cidre nouveau prenait la place de celui de la récolte précédente. Le vieux cidre trop aigre était ainsi disponible pour la distillation. Les journées étaient courtes en cette période de l’année, la « machine » continuait son travail une fois la nuit tombée. C’était donc l’occasion pour les hommes du village de se réunir autour de l’alambic ! Cela se passait dans une atmosphère très particulière : L’obscurité, le silence, l’odeur de l’alcool et de la pomme cuite, la fumée, le tout proche de la douce chaleur de la chaudière ! La conversation à voix basse laissait de la place à la dégustation du filet de calva qui s’échappait de l’alambic.