Le coupeur de lande

Pas un métier véritable. Une spécialité cependant. Un travail généralement réservé aux « sans domicile fixe ». Le travail leur apportait le repas, une place au grenier et une petite somme, quelques avantages exceptionnels : celui de dormir à la place du cochon qui venait d’être tué, celui de récupérer les vêtements du mort éventuel.

J’ai gardé le souvenir précis de celui qui venait à notre ferme. On l’appelait « Misère », il nous menaçait toujours de se noyer dans le Blavet s’il n’y avait pas de travail pour lui ! Nous étions fiers de lui porter son repas à la lande. Il fallait pour cela deux enfants, car deux bouteilles de cidre étaient indispensables. Il nous réservait des surprises, des nids de rossignols, des vipères ou couleuvres…