Nous sommes le 30 septembre, fin de bail. Le fermier quitte une exploitation pour s’installer dans un autre village, à quelques kilomètres généralement. La solidarité est forte tant de la part du village quitté que de celui qui va accueillir. Les hommes, charrettes, chevaux sont mis à contribution. Pour la manutention, le transfert du matériel, des meubles et des récoltes. Pour le troupeau, les vaches vont emprunter le chemin traversant la lande. Chaque vache est tenue par une corde et les enfants participent avec leur bâton. Dans le village d’accueil une transition s’imposera : le temps de reconnaître l’étable, les champs, les prairies et les chemins qui y conduisent. Les usages et coutumes locaux intégraient la nécessité de coller à la situation du moment. Le grain sera transféré mais la paille restera sur place. Les récoltes encore en terre (betteraves) feront l’objet d’un report d’un à deux mois. Les choux fourragers auront été transplantés en anticipation en juillet dans la nouvelle ferme. Les pommes également connaîtront un chevauchement tenant compte des variétés. Les pépinières attendront que la sève soit descendue pour être vidées. Les ruches seront déplacées quand les abeilles auront cessé de butiner. Ma famille a connu deux déménagements, le premier en 1941, le second en 1950.