Le pardon de Lambézégan (Gwil maria kreis est)
Cette petite chapelle est au cœur d'un village composé de six fermes. La messe y était célébrée une fois l'an, le 15 août précisément, c'est à dire au milieu (Kreiz) entre moisson blanche et moisson noire à venir en octobre. Le battage a donc eu lieu si le temps a été conforme à l'attente. La longueur des meules (golveg) de paille donnait une bonne indication du volume des récoltes de seigle, blé et avoine.
Les hommes disponibles après ces grands travaux de juillet-août venaient nombreux à cette messe qui leur donnait l'occasion d'évoquer justement les résultats de la récolte. Ils venaient des villages voisins. La chapelle, modeste par la taille, ne permettait pas de loger tout le monde, ce qui n'était pas forcément un inconvénient. Ce qui comptait le plus, c'était de participer aux cantiques. La messe terminée, il était d'usage de faire une visite aux amis le temps de prendre le café et de goûter le far fait la veille dans le four à pain du village. Le mendiant à gauche vient prendre livraison des prières qu'il ira porter à Sainte-Anne. Son sac lui permet de "ramasser" la récompense.
