Le petit train des champs
Ce train reliait Josselin à Port-Louis, en passant par les gares de Baud, Languidic et Hennebont. Mis en exploitation après la guerre de 14-18, il s'arrêta vers 1930. Ma mère l'avait pris en 1927 pour aller passer les épreuves du Certificat d'Études à Hennebont.
En traversant le bocage déjà si morcelé, de nombreuses petites parcelles furent divisées au point de les rendre inexploitables. On lui reprochait aussi de mettre le feu dans les landes qu'il traversait. Il allait si peu vite qu'il n'effrayait guère le bétail. Son passage à heures régulières fut exploité par les enfants pour mieux se repérer et être sûrs d'arriver pour neuf heures à l'école.
En montée, les garçons les plus hardis réussissaient à le rattraper et à s'agripper au dernier wagon sur quelques centaines de mètres, malgré les menaces du chauffeur qui n'était pas dupe. En été, bien souvent, dans le village de mon grand-père, le train s'arrêtait, le temps de laisser les vaches aller boire au ruisseau. Le règlement prévoyait une amende pour ce type d'obstruction. En réalité, le mécanicien acceptait une bolée de cidre, le temps que la voie se libère.
