Le poulain au pré

Mon père avait une passion pour les chevaux et en particulier pour les poulinières.

La jument avait son pré où les vaches n'avaient rien à faire en principe. Dès qu'elle n'était pas attelée et que le temps le permettait, elle y était lâchée avec son poulain. C'était d'après mon père, le meilleur moyen pour chasser la colique du jeune cheval.

La jument avait deux de ses pattes entravées ; cela lui permettait de marcher mais pas de courir. Dès que mon père se présentait pour les faire rentrer, le poulain faisait son numéro, comme un enfant cherchant à jouer. Il fallait se tenir sur ses gardes car ses pattes arrière pouvaient fort bien vous arriver dans la figure.