C’est la mi-avril. La prairie, bien à l’abri connaît déjà le printemps. L’herbe nouvelle, encore tendre est bien visible. Les primevères illuminent les talus, alors que les jacinthes et orchidées sont encore timides. Les saules sont depuis février recouverts de chatons argentés. Les noisetiers ont fait de même dès janvier. Les chênes, comme chaque année gardent leur sommeil hivernal ; rien ne presse pour eux. Au delà de la prairie, la tourbière encore froide prépare son réveil. Quelques bouleaux l’annoncent car comme chaque année le premier mai ils devront offrir leurs rameaux que l’on accrochera aux puits des villages. Au sol, les bruyères, mousses, lichens, molinies et graminées vont désormais profiter des journées plus tièdes et plus lumineuses pour retrouver leur habit de printemps. Le corbeau a posé son nid sur le sommet d’un chêne têtard. Bientôt ses oisillons seront en bonne place pour profiter du réveil de cette tourbière.