Le sourcier
En Morbihan, dans le village, chaque exploitation avait son point d'eau. Un puits le plus souvent. Le bon puits devait savoir retenir l'eau en été et si possible avoir une profondeur raisonnable, soit 5 à 8 mètres.
La responsabilité d'un bon sourcier consistait justement à donner l'indication permettant de réunir ces deux facteurs. La recherche se pratiquait donc en septembre-octobre, ceci pour mieux tenir compte du niveau le plus bas. Notre voisin, Job Perron, avait bonne réputation et c'est lui qui, le dimanche à bicyclette, se rendait là où son expertise était demandée.
L'obligation de résultat s'imposait, compte tenu de la réputation qui pouvait se faire ou se défaire. A plusieurs reprises, il nous faisait la démonstration avec sa fourche de bois et son pendule. Qui sait pourquoi ? Nous n'arrivions jamais à obtenir une réelle influence sur la fourche que nous tenions fermement des deux mains.
