Cela se passait dans les taillis de Kervarin. Les arbustes, chênes et bouleaux en particulier, étaient abattus puis coupés en rondins.Le charbonnier, à l'aide d'une brouette, rassemblait les rondins pour en faire une meule.C'était une construction délicate. Les rondins, placés à la verticale, devaient laisser au centre une cheminée. Le tout était recouvert par des mottes de terre et d'herbe avec, de-ci, delà, quelques bouches d'aération pour permettre la conduite du feu.Le feu était allumé par le haut, afin qu'il descende progressivement sans s'emballer. La cuisson durait deux à trois jours. Il fallait être vigilant. Une fournée brûlée, c'était aussi le salaire en fumée. Heureusement, le charbonnier avait pour lui l'expérience qui lui permettait d'apprécier la combustion à la couleur de la fumée ou tout simplement à l'odeur.Cette surveillance s'imposait également de nuit. La femme qui, de jour, faisait les fagots,y participait. Le couple s'est construit une cabane pour la durée du contrat.