L’automne s’est installé. Les bouleaux ont abandonné leurs petites feuilles jaunes. Ici ou là, l’ajonc « nain » laisse échapper ses premières fleurs de l’hiver. La bruyère s’est éteinte brulée par la chaleur du mois d’août. Sous les pins, quelques grosses pierres, plus ou moins alignées tantôt penchées, tantôt couchées. Ces pierres appartenaient à notre quotidien, là où nous accompagnions notre bétail. Une lande partagée avec trois autres villages. Alors que notre instituteur nous avait « appris » les menhirs de Carnac, à aucun moment il n’avait été question de « nos menhirs à nous » ! Cachés dans l’ajonc, la bruyère, et les fougères ils appartenaient à notre terrain de jeu. Ou plutôt, ils appartenaient aux Korrigans qui voulaient bien nous les laisser dans la journée alors qu’eux-mêmes les occupaient les nuits éclairées par la lune ! C’était bien ainsi. Désormais, avec le remembrement, les bulldozers les ont ignorés, bousculés, chassés alors que ceux de Carnac appartiennent au patrimoine mondial! P. S. La lande évoquée était limitrophe avec le village de « L’an-menhir ». Tout à côté, les landes de Kersolan abritent toujours un alignement encore perceptible.