Deux groupes de sabotiers, venus de Camors, s'étaient installés sur notre exploitation, le temps de débiter un marché de hêtres.
Cela a dû se passer dans les années 1945/1946. Les huttes avaient été montées sur place par les sabotiers eux-mêmes. La mousse qui constituait le toit et les parois avait été cueillie en forêt de Camors. Cet atelier de plein air comportait deux huttes et cinq hommes. Une belle organisation qui répartissait bien les tâches. Le plus jeune en apprentissage était chargé des courses et des repas. Le plus ancien dégrossissait le sabot à la hache pour finir la taille avec cette longue lame fixée à une pièce de bois servant d'établi. Creuser le sabot revenait à une personne expérimentée et qualifiée. Durant les vacances, nous pouvions rester regarder les sabotiers au travail. Et puis, nous pouvions aussi saisir des conversations et des histoires dans un « breton » un peu différent de celui de Languidic.