Nous sommes un dimanche matin du mois d'avril.Le printemps est là, l'herbe a repris sa couleur, cerisiers et aubépines sont en fleurs. Les gens arrivent des villages voisins. Le bedeau préposé tire tant qu'il peut sur la cloche. Pour ceux qui sont à la traîne dans les sentiers, il est temps de presser le pas. Avant d'entrer dans la chapelle on échange quelques paroles. Faire traîner la conversation est un moyen pour certains de se retrouver le plus loin possible du curé, tout au fond près de la sortie. Ils n'étaient pas mauvais chrétiens pour autant.D'autres se sont attardés, volontairement on non. Les villages étaient parfois éloignés de plusieurs kilomètres. Le matin, soigner les bêtes pouvait demander plusieurs heures. Et puis le trajet du village à la Chapelle était aussi l'occasion de vérifier l'avancée de la saison sur les champs et les prés.La chapelle en question, St Lucas à Kergonan, a aujourd'hui disparu. Elle a fait les frais de la rectification de la Nationale 24.