Décembre est proche.Dans la nuit, doucement une première gelée blanche s'est posée sur lalande.Cette fraîcheur humide convient à notre coupeur.L'ajonc et la bruyère s'enroulent en souplesse sous son sabot pourdonner des mottes de litière.Ce soir il ne regrettera pas son « loge-bounal » (*)Jean Louis lui offrira une place bien tiède, celle libérée par le cochonqu'il vient de tuer.Un peu de paille fraîche fera l'affaire.Les vaches tout en ruminant partageront avec lui la douceur del'étable.Enfin le cochon tué signifie une bonne soupe au lard frais que lesenfants viendront lui servir avec du cidre nouveau.Par cette journée fraîche, dans la lande, notre coupeur sera plussolitaire que jamais :Le couvreur de chaume ne passera pas, le piégeur de taupes non pluset encore moins le réparateur de parapluie… !Dès que le soleil passera au-dessus des talus, le traquet viendra luitenir compagnie. Il sait que derrière chaque coup d'étrepe les insecteslibérés seront pour lui.(*) loge-bounal : petite hutte en genet.