L'incendie dans la lande

Les incendies étaient fréquents au mois de mars. Alors que la sève n'était pas encore montée, que l'herbe nouvelle se réveillait à peine, au sol, la fougère sèche pouvait s'enflammer à la moindre étincelle. Comme la lande n'était pas boisée, l'ajonc et la bruyère étaient à la merci d'un coupeur de lande allumant son feu pour réchauffer sa maigre soupe au lard. Le risque de dégâts n'était pas important, tout compte fait. Les habitations n'étaient pas proches. Alors, tout au plus, il était question de la destruction d'un peu de litière et de bois à fagots. Dès que la fumée était visible, du village voisin tout le monde se précipitait, tenant à la main une branche de bouleau ou de genêt. Bien souvent, cela suffisait à maîtriser les flammes. C'était aussi une bonne occasion de se retrouver solidaires face à l'adversité.