C'est l'hiver, les sentiers et chemins creux sont très sombres.Il est à peine sept heures du matin.Les passages difficiles ne manquent pas : barrières, talus, ruisseaux etornières pleines de boue.Plus de sept kilomètres séparent le village du bourg.En hiver, il n'est pas question de traverser les friches ou les landespour gagner du temps.Il était recommandé de faire le chemin passant par les villages quitte àdevoir affronter l'agressivité des chiens.Au départ, alors qu'il fait encore nuit le phanal allumé s'imposait.Il sera déposé dans un village pour être rallumé la nuit tombée sur lechemin du retour.Sur les talus les chênes creux impressionnaient : le ventre ouvert ! Lesbranches comme des bras levés n'étaient pas d'une compagnie àrassurer ces deux enfants de 8 à 10 ans.Cela se passait vers 1917 et 1920.A peine mon père avait-il découvert l'école de la république à 3/4 kmsde son village qu'il fut obligé de rejoindre « l'école du bon dieu »située à 7 kms du bourg !En effet le propriétaire de l'exploitation ou mon grand-père étaitfermier imposa à celui-ci de retirer sans délai son fils de « l'école dudiable » !Jamais mon père n'a pardonné à mon grand-père cette faiblesse.