Au coucher du soleil, la brume retenue par les talus et les haies s'est accumulée au point de remplir le versant depuis les prairies le long du ruisseau jusqu'aux premières parcelles labourées.Surprise par la fraîcheur de la nuit, tôt le matin elle semble figée comme le givre.Pas pour longtemps car à peine le soleil aura-t-il allumé ce décor de dentelle que déjà les cimes des arbres vont se dégager et très vite cette blancheur lumineuse va s'affaisser.Les arbres retrouvent leur place, mais immobiles, transparents.Ce décor lumineux, léger, fragile n'est pas rare en février. Il faut être là au moment où le miracle a lieu, un mélange subtile d'air immobile, de froid, d'humidité et de lumière.